‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 356 sur 520 · Cassien, Iiist., I. x · texte numérisé non relu

Cassien, Iiist., I. x

devant sa porte, conduisant un âne chargé de pain ; il prit les cribles et' donna le pain^.

Les acheteurs payaient d'ordinaire en monnaie courante, ce qui n'était pas. sans offrir parfois de graves inconvénients. D'après la pratique des saints, l'argent qu'ils gagnaient devait en premier lieu servir à leur entretien, le surplus appartenait aux pauvres*. Tous ne suivaient pas cette ligne de conduite. Bien qu'on vît cela de très mauvais œil, quelques-uns thésaurisaient les bénéficesvde leur travail. Un moine de Nitrie avait gardé dans sa cellule une somme assez ronde, qui. fut trouvée après sa mort. Cette découverte causa un grand scandale. Que faire de cet argent? Les. uns disaient : Il faut le donner aux pauvres; les autres, à l'église., ou encore à ses parents. Telle ne fut point la pensée de Macaire, de Pambon, d'Isidore et des anciens. Ils décidèrent, sous une inspiration du ciel, croit-on, de jeter cette monnaie dans la fosse avec le cadavre de son détenteur, en prononçant cette malédiction empruntée aux divines Ecritures : Pecunîa. tua tecum. sit in perditione. Ce jugement saisit les moines de frayeur 3. L'abbé Orsise déplorait des abus de même nature qui s'étaient glissés dans la congrégation de Tabenne*. Il y en eut ailleurs de non moins graves. Dm ancien, qui faisait une natte par jour, s'en allait la vendre au village voisin, et son bénéfice restait au cabaret. Il lui vint plus tard un disciple, qui faisait le même travail. Son maître se chargeait de le vendre, et cet argent avait le même sort que le premier^.

Un grand nombre de moines- égyptiens ne se contentaient pas de vendre ce qu'ils récoltaient ou fabriquaient; ils louaient moyennant rétribution le travail même de leurs bras. Les disciples de l'abbé Sérapion, dans -le voisinage d'Arsinoé, se répandaient à travers les campagnes pour faire la moisson 6.

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