y^erba Seniorum, P. L., LXXHI
6. Rufin, Hisl. mon., xviii, P. L., XXI, 440. Pallade, Hist. laus., LXXIV, P. G., XXXIV, 1181.
Tel était aussi l'usage des moines de Scété. De vénérables anciens, comme les abbés Macaire et Sisoës, ne rougissaient pas de cette humble besogne 1. L'abbé Nesteros apprit à Cassien les miracles qu'Abraham le Simple faisait en ces circonstances. Les religieux moissonneurs se mettaient en route durant le temps pascal. Ils allaient souvent par petits groupes, s'engager à moissonner sur un terrain déterminé. Trois frères travaillaient dans le même champ. L'un d'eux tomba malade dès le premier jour et dut reprendre le chemin de sa cellule. Les autres, mus par un sentiment de charité fraternelle, firent sa tâche et l'obligèrent à accepter quand même sa rétribution 2. Quelques-uns poussaient la délicatesse bien loin. On dit qu'un solitaire, ayant voulu manger un épi, demanda la permission au maître; celui-ci ne put cacher la surprise et l'édification que lui causait cette démarche 3.
Les moissonneurs étaient d'ordinaire payés en nature. Ils se présentaient à Taire pour recevoir la quantité de blé convenue^. Les propriétaires n'étaient pas toujours bons payeurs. L'abbé Pior en fit l'expérience 5. La règle de saint Antoine prescrit de revenir dans la cellule aussitôt après la moisson 6. Les frères ne trouvaient habituellement rien à leur retour; pour leur épargner l'ennui de préparer leur nourriture après un long et pénible voyage, à Scété les voisins leur offraient de quoi manger'''.
Les vrais moines, qui avaient le sentiment de leur dignité, tenaient, on s'en souvient, à pourvoir par leur propre travail à leurs besoins personnels et aux nécessités des indigents, ils youlaient ne rien dé voir à personne. « Un don reçu, écrivait saint Isidore de Pélusé, crée une servitude humiliante; tandis qu'un don fait confère une honorable liberté; car il sied à un homme libéral