CHAPITRE XVI
Les études
Le travail de l'esprit a tenu dans la vie de certains moines une place importante. Ce n'était pas seulement pour eux un moyen d'exercer leurs facultés intellectuelles; ils en faisaient une préparation à la prière et souvent même une sorte d'oraison. La parole de saint Jérôme à la vierge Éustochium, qui est revenue tant de fois depuis sous la plume des écrivains ascétiques, exprime bien la pensée de ces serviteurs de Dieu : « Quand tu pries, tu parles à ton Epoux céleste; quand tu lis, c'est lui qui te parle*. >> La plupart employaient à la lecture des moments bien déterminés; ceux de Scété, qui travaillaient des mains pendant la première moitié du jour, lisaient jusqu'à la neuvième heures Quelquesuns faisaient la part beaucoup plus large à cet exercice. Saint Jérôme, que nous venons de citer, voulait que le sommeil surprît Eustochium le livre en ni ai n et que le texte sacré reçût son visage tombant de sommeil^.
^ Ceux qui consacraient à la lecture la partie principale de leur journée n'étaient pas toujours conduits par des motifs d'un ordre supérieur. On vit des hommes incapables de fournir régulièrement une tâche intellectuelle satisfaisante réclamer de longues heures pour lire. La lecture n'était à leurs yeux qu'un moyen de fuir un travail pénible. Saint Nil, qui en connaissait plusieurs, les représente assis, les yeux fixés sur un livre, laissant leur tête s'in-