‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 361 sur 520 · S.Jérôme, ibid., n. 17, c · texte numérisé non relu

S.Jérôme, ibid., n. 17, c

cliner et se relever en cadence, s'arrêtant parfois pour s'étendre plus à leur aise et enfin se laissant gagner par le sommeiP. Telle, devait être la manière dont les massaliens vaquaient au travail de l'esprit.

Les solitaires tenaient grand compte des besoins de chacun toutes les fois qu'il s'agissait de faire aux diverses sortes d'occupations la part qui leur convenait. Ceux qui' venaient de la campagne sans avoir reçu la moindre formation littéraire n'étaient guère capables de fixer leurs yeux et surtout leur attention sur les pages d'un livre durant de longues heures; tandis que les hommes instruits le faisaient avec un souverain plaisir et une grande utilité pour leur âme. On remarquait que les moines sérieusement appliqués à la recherche de la perfection montraient un grand zèle pour l'étude. Les religieux qui se laissaient envahir par le relâchement commençaient presque toujours par prendre la lecture en aversion. Saint Jean Chrysostome l'avait constaté chez son ami Stagirios. Lorsqu'il fut revenu à sa ferveur première, il prolongeait ses veilles et ses lectures au point d'inspirer à Chrysostome de graves. inquiétudes pour sa santé 2. Les pieux ascètes qui menaient alors la vie religieuse à Antioche donnaient aux études sacrées l'ardeur avec laquelle ils s'étaient, durant leur jeunesse, appliqués à la rhétorique et à la philosophie •\

Les moines de cette époque faisaient en général une étude approfondie du texte qu'ils lisaient. Ils n'avaient pas à leur disposition un grand nombre de volumes; quelques manuscrits constituaient un véritable trésor. Ne pouvant lire beaucoup, ils lisaient avec application. Celui qui avait un ouvrage entre les mains le parcourait lentement, le relisait, se rendait compte de tout de manière à en remplir sa mémoire et son intelligence. Silviana, la sœur du préfet Rufin, qui passait la meilleure partie des nuits à lire, revenait jusqu'à sept et huit fois sur le même ouvrage''. *

Pour se convaincre de la vérité du rôle que joua dans l'existence

Page 1