Palladc, Hist. Jaits., cxliii
de plusieurs de ces grands serviteurs de Dieu le travail intellectuel, il suffit de jeter un coup d'œil rapide sur Thistoire de la littérature ecclésiastique en Orient. On y trouve le nom du saint moine Ephrem. Non seulement il connaissait les Saintes Ecritures, où il puisait à sa source la science des choses de Dieu ; il possédait encore les sciences humaines et avait l'art de s'en servir pour exposer plus nettement la doctrine évangélique, dissiper les ténèbres de l'erreur, discerner les sophismes dont l'hérésie s'enveloppe et donner à sa pensée vie et force, et à sa parole cet ensemble de qualités oratoires, qui sont la meilleure parure de la vérité'. Ses deux contemporains, Basile et Grégoire de Nazianze, avaient appris dans les écoles d'Athènes tout ce qu'enseignaient les maîtres les plus en renom. .Ils renoncèrent aux lettres profanes et consacrèrent à l'étude des Ecritures et à l'intelligence du dogme chrétien un génie préparé par toute la culture intellectuelle que cette époque pouvait donner. Ce fut un grand sacrifice: pour Grégoire. Mais il n'abandonna pas tellement ses chères études qu'on n'en puisse retrouver la trace dans ses divers écrits. Personne de son temps n'apparié avec plus de perfection la langue grecque. ■ L'exemple et l'influence des deux amis gagnèrent au monachisme des hommes tels que saint Grégoire de Nysse et saint Amphilochios, en qui brillaient d'un même éclat, au dire de saint Jérôme, les sciences profanes et la connaissance des Ecritures^. Saint Jérôme luimiême, qui avait fait des études complètes avant de porter stir ses épaules le joug du Christ 3, voulut mettre à profit les enseignements de Grégoire de Nazianze. Il passa auprès de lui à Constantinople les années 379, .380 et 381, pendant lesquelles il put voir les Bvêques les plus célèbres de l'Orient. Ses austérités et ses longues oraisons ne l'empêchèrent pas, dans le désert de Chalcis, d'étudier longuement. Un moine d'origine juive lui enseigna l'hébreu.
Saint Jérôme se déclarait inférieur à son docte et saint ami, l'évêquedeSalamine, Epiphane, qui connaissait le grec, le syriaque, l'hébreu, le copte et le latin ^. Si l'on peut reprocher à la critique de ce dernier de s'être laissé plus d'une fois prendre* en défaut, on doit néanmoins reconnaître qu'il avait une science extraordinaire
1. s. Grég. Nys., De vita S. P. Ephrem, P. G., XLVI, 830-839.