‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 365 sur 520 · Cf. Tillemont, 1. XII · texte numérisé non relu

Cf. Tillemont, 1. XII

Tout est pur, à la vérité, pour les hommes purs; et il ne faut rejeter rien de ce qui se prend avec action de grâces. Nous ne pouvons pas néanmoins boire en même temps le calice du Christ et celui des démons 1. » Jérôme conseillait la même aversion au pape Damase et à plusieurs de ses amis". Malheureureusement, les habitudes contractées sur les bancs de l'école étaient plus fortes que toutes ses résolutions, ir avait beau dire : « V^ilà plus de quinze ans qu'un exemplaire de Cicéron, de Virgile ou d'un auteur païen ne m'est pas tombé sous les yeux ; si parfois quelques réminiscences classiques se présentent sous ma plume, c'est comme le vague souvenir d'un rêve qui agite mon esprit" », on ne le croyait guère. Comment expliquer, en effet, la variété et l'à-propos des citations qui émaillent sa correspondance et ses écrits? Ne sont-elles pas la preuve manifeste du bon accueil que faisait son esprit aux souvenirs classiques de sa jeunesse? Aussi a-t-on pu dire qu'il né pratiquait guère pour son compte les conseils qu'il donnait aux autres*. Ses amis ne comprenaient pas toujours le mobile qui le portait à citer avec tant de complaisance des faits empruntés aux écrivains du siècle. Quelques-uns l'accusaient de salir avec ces résidus du paganisme la blancheur de l'Eglise s. Les raisons qu'il alléguait pour justifier sa conduite ne fermaient pas la bouche de Rufin et de ses adversaires, qui saisissaient avec empressement cette belle occasion de le dénigrer^.

Saint Jérôme n'est pas le seul moine chez qui l'on rencontre une semblable contradiction. Saint Isidore de Péluse n'admettait point qu'un solitaire entraînât derrière lui le tumulte des histoires païennes €t les élucubrations des poètes, lectures honteuses et obscènes qui ne sauraient lui convenir'^. 11 s'était bien gardé cependant d'abandonner lui-même sur les confins du désert ses propres souvenirs classiques. Sa mémoire en était encombrée. Ce n'est pas sans une certaine surprise que l'on retrouve dans ses lettres les tracés nombreuses de ses anciennes lectures. Homère, Hésiode, Sophocle, Euripide, Aristophane, Pindare, Ménandre, Hérodote,

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