S. Isidore Pél., 1. 1, epist. 63, P. G., LXXVIII
Thucydide, Plùtarqu-^, Démosthène, Socrate, Platon et d'autres encore semblent lui être presque aussi faniiliers que les Prophètes et leis Evàngélistes^ Saint Basile et saint Grégoire de Nazianze lui avaient donné l'exemple; ces citations classiques sont néanmoins beaucoup plus rares dans leurs écrits et moins recherchées.
. "La lecture des poètes païens, à cause, soit des sujets qu'ils traitent, soit de la manière dont les maîtres les enseignaient, se gravait profondément dans la mémoire des hommes de cette époque. L'âme était comme empoisonnée par le souvenir de fables et d'aventures avec lesquelles on l'avait familiarisée dès l'enfance. Elle ne pouvait sans effort penser à autre chose. Ces imaginations ridicules l'obsédaient avec plus de ténacité quand venait l'heure de la prière et de la psalmodie. Cassien, qui fit l'expérience douloureuse de cet état d'âme, s'en ouvrit à l'abbé Nesteros et lui demanda quel remède le pourrait guérir. Le saint abbé lui déclara n'en connaître qu'un dont l'efficacité lui parût certaine ' c'était de consacrer aux divines Ecritures l'ardeur qu'il avait mise à étudier les auteurs profanes*. Les Grégoire, les Jérôme et les Basile l'avaient employé avec grand succès.
Ces hommes, qui pprtaient au monastère des connaissances si appréciées dans le monde, voyaient chaque jour combien elles leur servaient peu à l'acquisition des vertus, qui est la véritable fin de la. vie monastique. Les abbés Evagre et Arsène, qui avaient reçu dans les écoles grecques une formation très complète, furent assez humiliés en constatant que de pauvres Egyptiens, malgré leur ignorance, recevaient du Seigneur des grâces supérieures à celles qu'ils obtenaient eux-mêmes ^ De fait, parmi ces hommes, dont le savoir n'était guère plus étendu que celui des habitants de la campagne, figurent des solitaires, qui, par leur vertu, leur prudence et la sûreté de leur jugement, ont exercé sur leurs contemporains