Verha Senionim, P. L., LXXIII
l'influence la plus extraordinaire et mérité l'admiration dé là postérité. Tels furent en particulier saint Antoine et saint Pakhôme. Le premier reçut la visite de plusieurs philosophes, qui discutèrent avec lui sur des points importants de la doctrine catholique. Les explications qu'il leur fournit et la fermeté de son argumentation ne furent pas sans leur causer de l'étonneraent'.
Les moines orientaux, qui éprouvaient une si vive répugnance pour la littérature classique et pour la philosophie païenne, faisaient grand cas des connaissances élémentaires, dont un homme voué à la recherche de la perfection évangélique ne pourrait guère se passer. Ils avaient besoin, pour atteindre leur but, de savoir les Saintes Écritures et, par suite, de les comprendre; ce qui suppose tout au moins la possibilité de les lire. Mais tous n'étaient pas capables de le faire en entrant. Si l'abbé Hor eut le bonheur d'apprendre miraculeusement à lire 2, on ne pouvait sans témérité attendre une pareille faveur. Saint Pakhôme ne permettait à aucun' de ses religieux de rester sans pouvoir déchiffrer un texte 3. 11 y avait à Tabenne des religieux chargés d'enseigner la lecture à ceux qui l'ignoraient. '
Dans quelques monastères de Syrie on s'occupait d'instruire des enfants destinés à la vie monastique. Saint Jean Chrysostome les trouvait beaucoup plus en sécurité que dans les écoles publiques''*. Certains parents confiaient aux moines l'éducation de leurs fils, bien qu'ils fussent destinés à vivre dans le monde. Le même Jean Chrysostome recommandait de ne point les enlever à leurs maîtres avant qu'ils ne les eussent solidement formés à la pratique de la vertu 5. Saint Jérôme enseignait la grammaire à quelques enfants 6. Saint Basile permettait à ses moines d'avoir de jeunes élèves, à la condition toutefois de les former avant tout à la vie
1. s. Athanase, yUa S. Aiitoiiii, 72-81, F. G., XXVI, 943-955.