‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 368 sur 520 · S. Pakhôme, Reg. 139-140, P. L. XXIII · texte numérisé non relu

S. Pakhôme, Reg. 139-140, P. L. XXIII

4. S. Jean Chrys., Adv. oppugnatores vitœ mouasticœ, 1. m, P. G. XLVU, ^66-^6'], 1^. ]d., JnEp. ad Ephesios boni. 2\, P. G., XU\, 149-]^^. I 6. Cf. Tillemont, t. Xll, 106-108.

chrétienne ^ Ces écoles monastiques n'avaient, cela va sans dire, rien de commun avec les grandes écoles d'Athènes, d'Antioche et d'Alexandrie, où affluait la jeunesse de l'Empire.

Ne pourrait-on pas regretter que saint Grégoire de Nazianze, saint Basile, saint Jean Chrysostome, saint Jérôme, saint Isidore de Péluse, au lieu de maudire la rhétorique et la philosophie païenne, ne se soient pas préoccupés d'épurer la formation littéraire que recevait la jeunesse de cette époque, pour la rendre plus chrétienne? Les moines auraient pu leur fournir un concours précieux. Pourquoi ne point développer ces études, acceptées par saint Basile et préconisées par saint Jean Chrysostome, et faire de quelques monastères des centres de vie intellectuelle et littéraire, qui auraient transmis au christianisme une science et un prestige que le paganisme perdait chaque jour?

Les solitaires n'appréciaient qu'une connaissance, celle des divines Ecritures, qui embrassait alors tout l'ensemble des sciences sacrées. L'instruction élémentaire, donnée aux enfants et aux jeunes religieux, n'était qu'une simple préparation à une étude qui absorbait l'attention de toutes les intelligences. Quel que fût le degré de sa culture littéraire, chacun s'appliquait à lire la Bible, à l'apprendre et à la méditer. Elle lui traçait le chemin le plus sûr pour arriver à la connaissance du devoir, puisque, au dire de saint Basile, on y trouvait les préceptes de la vertu et les exemples des saints 2. C'était un champ fertile d'où l'homme tirait une abondante récolte pour faire face aux besoins de son âme 3. La joie de la moisson, disait saint Ephrem, vient du champ; la vendange, de la vigne; et la doctrine vivifiante, des Ecritures. Le champ donne la moisson une fois l'année; la vigne ne fournit qu'uiie vendange par an; tandis que la doctrine salutaire jaillit de l'Écriture aussi souvent qu'on la lit. Allons donc à ce champ divin jouir de sa richesse et cueillir ses épis vivifiants ^ Le diacre d'Edesse écrit ailleurs : « Que

1. s. Basile, Reg.fns. tract., Int. 15, P. Gr.^ XXXlll, 951-956.

2. S. BâsWe, epist. 2, P. G., XXXIlI, 229-230. •3. Cass'ién, CotiJat., VIII, p. 3-19.

4. S. Ephrem, Sermo in Transfigitratioiieni, op.gr. t. 111, 41,

les divines Écritures te tiennent Heu de trompette. Le son de la trompette rassemble les soldats; la voix des Écritures réunit nos pensées au service de Dieu. Car nos pensées ressemblent à des soldats; ce sont elles qui résistent aux ennemis dii Seigneur. » Plus loin il continue : « Par la lecture des Livres sacrés, tu jouis de la familiarité des anges, tu t'entretiens avec le Saint-Esprit, dont elles sont l'organe'. » Impossible de recommander aux moines l'étude de la Bible en termes plus éloquents.

Saint Jean Chrysostome la propose aux solitaires comme un moyen très efficace d'entrer en relations spirituelles avec les bienheureux. Par elle, ils jouissent de la société des' prophètes et des patriarches, ils écoutent lès enseigements de saint Paul; ils vont de Moïse à Isaïe, d'Isaïe à Jean, de Jean à un aiitre écrivain inspiré. Cette compagnie est de beaucoup préférable à celle qui encoinbre la cour des rois; elle exerce forcément sur l'esprit .et sur le cœur une très heureuse influence. Le moine devient peu à peu l'imitateur des apôtres et des prophètes-. Le saint prêtre d'Antioche compare encore la Bible à une prairie émaillée de fleurs. Les moines studieux y butinent, comme des abeilles diligentes, ,1e miel de leurs pensées et de leurs oraisons 3.

Saint Jérôme recommande avec non moins d'instance là lecture des Livres inspirés. Ignorer l'Écriture, dit-il.à la vierge Eustochium, c'est ignorer la vertu et la sagesse de Dieu. L'ignorance des Écritures est l'ignorance du Christ 'i. Et à. la vierge Démétriade il écrit : « Aime les, Écritures, et la Sagesse t'aijnera 5. » Saint Nil affirme que l'âme a autant besoin de s'appliquer à. l'étude attentive de l'Ancien et du Nouveau Testament, que le corps de renouvelei: ses forces en mangeant et en buvant 6.

Ces témoignages, qu'Userait facilé.dè multiplier, expriment l'idée qu'on se faisait de la Bible dans les solitudes orientales et expliquent l'importance que donnaient à son étude les maîtres de la vie ascétique. Toute personne qui désirait servir Dieu se réservait chaque jour du temps pour l'apprendre'''. C'est par sa lecture que

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