S. Ephrem, de sauclo Juîiauo, op. gr., t
lettres une force invisible, capable d'iiumilier le démon et d'agir sur l'iiomme même quand il ne les comprend pas. L'abbé Arsène se servit de cette pensée pour encourager un frère qui se plaignait à lui de ne retirer aucun fruit de ses lectures, parce qu'il n'en avait pas l'intelligence. Après lui avoir signalé la confiance des enchanteurs dans les formules de la sorcellerie : « Imitons-les, lui dit-il; lors même que nous ne pourrions comprendre les Écritures, les démons, qui nous les entendent prononcer, seront épouvantés et mis en fuite. C'est aux paroles que l'Esprit-Saint a prononcées par l'organe des prophètes et des apôtres que Dieu a donné cette puissance ' . »
Cette doctrine était consolante pour des esprits incapables d'approfondir le sens des Écritures. Les autres, stimulés par le désir de comprendre, se mettaient à l'étude avec une généreuse ardeur. Saint Pakhôme ne voulait négliger aucune des vérités qu'elles renferment "-. II communiquait son zèle à ses disciples. La règle leur ordonnait d'apprendre dès les premiers temps de leur vie religieuse vingt psaumes, deux épîtres de saint Paul et une autre partie d€ l'Écriture 3. On leur faisait dans la suite continuer cette étude. Les solitaires de Nitrie n'étaient pas moins zélés. L'étendue' de leurs connaissances bibliques et la clarté des explications qu'ils donnaient excitaient l'admiration de Rufin*. On les voyait, ainsi que leurs frères de Scété^ se soumettre les uns aux autres les passages .obscurs et se communiquer franchement les lumières qu'ils pouvaient avoir, à moins toutefois que l'humilité ne les empêchât de révéler leur science ^. Les moines syriens usaient du même procédé. C'est ainsi qu'Ammien recourait à Eusèbe de Télédan. Ils étaient assis sur un rocher; le premier lisait avec attention l'Evangile. Un texte diificile à expliquer l'arrêta. Dans le but de mieux en pénétrer le sens, il posa au saint abbé une série de questions qui reçurent des réponses satisfaisantes ^. v
La curiosité de ces hommes de Dieu prenait une direction bien déterminée. Les renseignements historiques contenus dans la Bible les intéressaient fort peu. La rigueur avec laquelle nos con-