‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 371 sur 520 · Théodoret, Relig. lùsiorh, iv, P. G.,LXXXII · texte numérisé non relu

Théodoret, Relig. lùsiorh, iv, P. G.,LXXXII

temporains cherchent le sens obvie n'entrait guère dans leurs habitudes intellectuelles. Avides de connaître le Seigneur et zélés pour leur sanctification, ils négligeaient ce qui ne s'y rapportait pas directement. Comme l'Esprit-Saint s'était proposé en inspirant les Écritures de donner aux âmes l'aliment qui leur était nécessaire, chacun espérait trouver dans cette lecture ce dont il avait particulièrement besoin. L'étude de la Bible prenait ainsi un caractère tout personnel^. II en résultait quelques inconvénients, surtout dans l'interprétation des passages obscurs. L'influence des opinions antérieures se faisait beaucoup trop sentir.

Les moines se préparaient par la prière à la méditation des Livres saints. Dieu, pensaiènt-ils, dont ils contiennent les paroles, était seul capable de les expliquer aux âmes. La pureté du cœur et l'oraison étaient les véritables maîtres de l'abbé Théodore, qui avait acquis des Lettres divinçsi une science extraordinaire. Il se trouva un jour en présence d'un texte diificile. Au lieu d'épuiser ses forces dans des raisonnements humains, il passa sept jours et sept nuits priant sans interruption jusqu'à ce que le Seigneur lui eût donné la lumière-. Cassien, après avoir raconté ce fait, dit que la méthode la plus sûre pour étudier la Bible consiste à purifier son cœur de toutes affections mauvaises. Elle profite plus que la lecture de savants commentaires. Notre-Seigneur la recommande lorsqu'il dit : Beati mundo corde, quoniam ipsi Deum videhunt '. L'abbé Nesteros explique longuement à Cassien sa pensée sur la Bible et sur la manière de l'étudier. Elle est assez conforme aux enseignenients et à la pratique des Pères*. Le rôle surnaturel de la prière dans l'intelligence des Livres sacrés est attesté par quelques faits intéressants. On trouvait des hommes qui en possédaient le texte et la doctrine, sans avoir jamais rien appris à l'école d'un maître. L'un deux, Pafnuce Céphala, la savait si bien qu'il était capable d'expliquer n'importe quel passage de l'Ancien et du Nouveau Testament 5. Sérapion, -surnommé le Sindonite, ne savait ni lire ni écrire; Dieu grava dans sa mémoire toutes les Ecritures, qu'il put désormais méditer assidûment 6.

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