Pallade, Hht. laus., xci, P. G., XXXIV
6. Id., Lxxxvi, ibid., 1082-1083, cf. Ribet, La Mystique divine, 1, 11,303.
Le moine avait besoin de livres pour lire et apprendre. Leur présence dans sa cellule n'était pas seulement la preuve d'un esprit sérieux ; elle lui donnait une leçon et un encouragement. Saint Epir phane avait dit que leur vue suffisait pour détourner du mal et porter à la pratique de la vertu ^ Le solitaire ne les achetait pas habituellement. 11 les copiait de sa main. Transcrire la Bible lui semblait une œuvre non moins utile que de l'apprendre par cœur. « J'ai gravé dans ma mémoire l'Ancien et le Nouveau Testament, disait un ancien. — Pour moi, répliquait un autre, je les ai écrits de ma main^ » C'est une sainte occupation, écrivait saint Jérôme, qui fournit à l'âme sa nourriture, pendant que le corps satisfait au précepte de gagner sa vie par le travaiP.
L'art d'écrire les livres était fort en honneur dans les monastères syriens". Mais il paraît que tous ne remplissaient pas cette tâche avec le même soin. Aussi ne trouvait-on pas aisément un ouvrage transcrit avec fidélité. Ceux qui avaient le bonheur d'.en posséder un se montraient jaloux de le conserver s. Saint Ephrem recommandait aux moines copistes d'être sur ce point d'une sévérité extrême. Car ils scandaliseraient les âmes et ils attireraient sur eux les malédictions du Seigneur, s'ils altéraient sa vérité, en modifiant les paroles qui la revêtent^. s
Les religieux qui avaient reçu une instruction plus développée étaient plus aptes que les autres à ce genre de travail. On les y employait volontiers. Un frère d'origine italienne, nommé Syméon,^ passait pour un homme instruit, bien qu'il ne connût ni le grec ni le copte. Comme il ne savait trop que faire pour gagner sa vie, un ancien, le prenant en pitié, lui commanda une Bible en latin, sous