‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 373 sur 520 · Id., 48, p · texte numérisé non relu

Id., 48, p

prétexte de l'envoyer à son frère, qui était soldats A Scété, lorsqu'un moine avait la réputation d'être bon copiste, on lui demandait fréquemment le service d'écrire un livre. L'un d'eux vivait dans une étroite union avec le Seigneur ; son esprit, toujours appliqué aux choses surnaturelles, était souvent distrait. Cela se voyait à son travail. Un frère qui lui avait demandé un livré s'aperçut qu'il manquait plusieurs versets. Le copiste, qui semblait avoir dans ce cas agi avec préméditation, voulut lui donner une leçon : « Va-t'en d'abord pratiquer ce que j'ai écrit, lui dit-il; tu reviendras -alors, et je t'écrirai le reste ^ » Les anciens invitaient les solitaires occupés à cette besogne à ne jamais oublier les devoirs de l'obéissance; et ils citaient avec admiration l'exemple du disciple de l'abbé Sylvain, qui avait interrompu une lettre commencée pour répondre à l'appel de son maître 3.

Cette transcription des manuscrit comptait parmi les occupations chères aux moines de Tabenne *. Chaque monastère de la congrégation avait son groupe de copistes. Tous les livres qu'ils écrivaient ne restaient pas dans le maison. On en vendait un certain nombre. D'autres étaient charitablement offerts à des églises pauvres'''. Outre les livres inspirés, ils copiaient les écrits des Pères, et, en règle générale, tout ce qui était de nature à édifier 6. Les monastères possédaient une collection de livres ou bibliothèque. Chacun d'eux se devait suffire à lui-même ; la règle interdisait de prêter un volume à une maison voisine'''.

On les communiquait aux frères sans difficulté ; ils les rendaient il la fm de la semaine pour qu'on pût dresser l'inventaire, en même temps que celui des outils s. La règle recommandait aux religieux de ne pas les laisser négligemment de côté et d'autre. Si l'heure de l'office ou du repas les surprenait au moment de la lecture, ils les pliaient avec soin, de manière à ce qu'ils ne fussent pas endommagés î^. L'économe et son auxiliaire veillaient à leur conservation. Le second du monastère les enfermait dans une armoire spéciale

Page 1