‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 374 sur 520 · Id., 100, ibid · texte numérisé non relu

Id., 100, ibid

creusée à cet effet dans l'épaisseur du mur^. Les solitaires égyptiens déposaient liabituellementles manuscrits dans ces sortes d'armoires, qu'ils appelaient des fenêtres*.

Certains frères aimaient à orner leurs livres de superbes miniatures. L'abbé Isaïe les met en garde contre cette recherche, où pouvait se cacher un sentiment de vanité i. D'autres avaient la manie de collectionner des volumes dont ils ne faisaient guère usage. « Les prophètes ont écrit des livres, disait à leur occasion, un ancien de Scété ; nos Pères les ont mis en pratique ; leurs successeurs se sont occupés de les apprendre par cœur.; . la générationprésente les écrit sur le parchemin et les membranes, et les laisse dormir dans la bibliothèque*. » L'abbé Sérapion s'affligea beaucoup . en voyant dans la cellule d'un ermite un grand nombre de livres ; et il lui reprocha de priver par ce moyen les orphelins et les veuves' ^ de ressources qui leur appartenaient s.

Par le fait, les livres avaient une réelle valeur. De saints moines n'hésitaient pas à les vendre pour soulager les pauvres. Ellemon; dont l'inépuisable générosité édifia les habitants d'Ancyre, consacrait à cet usage tout ceux qu'il recevait^. Dans le but d'aider un malheureux, l'abbé BiSarion vendit son Evangile'^. Saint Hilarion allait faire la même chose du sien pour payer son voyage, si un batelier n'avait pas consenti à le transporter gratuitement s. Théodore de Phermé, qui possédait trois volumes, s'en alla demander à l'abbé Macaire s'il pouvait les garder. « Il est préférable de ne rien avoir », lui répondit le saint homme. Sans hésiter, Théodore les vendit et donna aux pauvres la somme qu'il reçut en échange 9. Le solitaire Zenon, qui habitait le voisinage d'Antioche, n'avait jamais de livres en sa possession. II empruntait ceux de ses frères, quand il avait besoin de lire lo. Certains moines se faisaient un plaisir de les prêter. Gélase laissait un volume, qui contenait l'Ancien et le

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