Isaïe, Oralio, 4, P. G., XL
mée la science de la vérité catholique. Ces derniers furent nombreux dans les solitudes orientales, et on les vit attaquer l'hérésie sous toute: ses formes. Quelques-uns, opposant, aux sophismes des hérésiarques la force de la vérité, discutaient l'erreur avec une logique impeccable, et triomphaient par l'autorité de la raison. D'autres employaient l'argument irrésitible de la vertu de Dieu ou du miracle. Macaire l'Ancien évoqua un mort pour confondre un hiéracite qui essayait de gagner à sa secte les moines deScété'. Le solitaire Coprès, qui n'avait pu réfuter un manichéen dans une discussion publique, lui proposa d'affronter les flammes d'un bûcher. L'hérétique réfusa, on le comprend, de subir cette épreuve. Coprès, lui, n'hésita pas un instant. Son séjour dans lé feu produisit sur les spectateurs un effet plus considérable qu'une réplique rigoureuse et éloquente 2.
Ces interventions du ciel, poiir appuyer lé témoignage que de saints moines rendaient à la vérité catholique, se trouvent fréquemment sous la plume des écrivains de cette époque. Toutefois la vie sainte et les vertus extraordinaires de ces serviteurs de Dieu conciliaient avec plus de force encore au dogme chréti€n la sympathie et la confiance des multitudes, qui les connaissaient et les admiraient.
L'arianisme fut la première grande hérésie avec laquelle ils furent sérieusement aux prises. Les ravages qu'elle faisait en Egypte remplissaient de tristesse le cœur de saint Antoine. Si quelques-uns de ses partisans se hasardaient à lui rendre visite, il les faisait chasser impitoyablement, Ses disciples refusaient d'avoir la moindre relation avec eux. Bien que personne n'ignorât les sentiments qu'ils lui inspiraient, les hérétiques, pour séduire la foule, essayèrent de couvrir leurs erreurs du prestige de son nom, en affirmant qu'Antoine les admettait dans sa communion. Lorsque cette nouvelle parvint à ses oreilles, il quitta sa solitude et s'en alla en pleine ville d'Alexandrie faire publiquement 'profession de foi au concile de Nicée et à la consubstantialité du Verbe (v. 355)^