M., IX, ibid
Cet événement fut pour tous les catholiques l'occasion d'une vive allégresse 1. L'exemple d'Antoine entraîna la grande rnajorité des habitants du désert. Leur zèle à soutenir l'orthodoxie nicéenne contribua puissamment à sa victoire définitive ^
Nulle part saint Athanase, en qui se personnifiait la lutte contre cette erreur, ne trouva des amis plus fidèles et plus dévoués. Son nom était un drapeau derrière lequel ils voulaient toujous marcher. Ses écrits avaient à leurs yeux une autorité indiscutable. Des ariens allèrent sur la montagne de saint Antoine s'entretenir avec l'abbé Sisoës. Comme leur langage ne s'accordait guère avec la foi de Nicée, le vieillard les écouta sans proférer une parole. Quand ils eurent terminé, il dit à son disciple : «Apporte le livre de saint Athanase et lis. » Le passage désigné réfutait si bien leurs erreurs qu'ils durent se rendre à l'évidence et reconnaître la foi du patriarche d'Alexandrie \ D'autres hérétiques, au cours d'une visite à l'abbé Pœmen, se mirent à déblatérer contre saint Athanase. Le saint homme ne répondit pas un mot. Il se contenta de dire à son disciple : « Dresse la table, donne-leur à manger et mets-les à la porte*. »
L'orthodoxie des moines de Tabenne n'était pas moins ardente. Saint Pakhôme, sur son lit de mort, leur avait expressément recommandé d'éviter toute communion avec les partisans d'Arius^. L'illustre fondateur suivait pieusement les travaux et les épreuves de saint Athanase. Peu de temps après son élecfion, l'Esprit du Seigneur lui avait révélé que le nouveau patriarche serait la colonne et le flambeau de l'Eglise. II connut alors toutes les tribulations que lui réservait l'avenir^. Lorsque saint Athanase visita les églises et les monastères de la Thébaïde, Pakhôme sentit croître encore son admiration pour ce grand homme, qu'il appelait l'une des trois merveilles que le Seigneur avait mises en Egypte dans le but de sauver son peuple. Et la foi des religieux de Tabenne augmenta l'affection que leur portait le bienheureux patriarche.
I. S. Athanase, yUa S. Antonii, 68-70, ibid., 939-9^3. 3. Sozomène, Hist. eccles., 1. III, 13, P. C, LXVII, 1067.
3. Apophlegmata Patrum, P. G., LXV, 377. 11 s'agit sans doute de l'histoire des ariens que saint Athanase rédigea à la demande des moines, désireux de posséder une relation écrite de tout ce qui s'était passé. P. G., XXVII, 691-796.