Proclos, Epist. 2, P. G., LXV
invita à se tenir tranquilles ^ Bien que le nestorianisme ne serhble pas avoir fait beaucoup de ravages dans ces contrées, il y eut cependant au désert des Cellules une église appartenant à une secte dont les membres étaient connus sous le nom d'apaschUes', on les appelait encore diphysites ou nestoriens^.
L'eutychianisme, qui se développa durant la période postérieure à celle qui nous occupe, eut des origines toutes monastiques. Eutychès, son fondateur, gouvernait à Constantinople un monastère, de trois cents religieux. 11 trouva parmi les moines des partisans nombreux et zélés. Les solitaires de l'Egypte et de la Thébaïde, en particulier, abandonnèrent presque tous la foi catholique pour accepter l'unité de nature en Notre-Seigneur.
Les grandes liérésies arienne, nestorienne et eutychienne ne furent pas les seules qui agitèrent les solitudes de l'Orient. L'esprit souvent inquiet de leurs habitants s'occupa de plusieurs opinions erronées. Il y en eut une, l'origénisme, qui déchaîna les passions des hommes les plus graves. Cette hérésie, au témoignage de saint Epiphane, régnait surtout parmi les hommes qui faisaient profession de la vie monastique; elle était en quelque sorte un sommaire de toutes les erreurs, surpassant en malice et en danger celles qui l'avaient précédée ^ Saint Jérôme, Théophile d'Alexandrie, et tous ceux qui en Orient luttèrent contre les partisans d'Origène, en parlent avec non moins de sévérité. Tout autre est le sentiment du Gaulois Postumianus, qui se trouvait à Alexandrie pendant la période aiguë de cette querelle. Il y avait, dit-il, entre les évêquës et les moines de malheureuses divisions, dont voici le motif : les évêques avaient souvent interdit dans leurs conciles de lire ou de conserver les écrits d'Origène, qui passait pour le plus habile comrnentateur des Ecritures. Ils prétendaient que ses ouvrages renfermaient des erreurs grossières; ses partisans, qui n'osaient, pas les défendre, les attribuaient à des interpolateurs hérétiques. Aussi croyaient-ils que ces défauts n'étaient pas une raison de condamner .