‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 385 sur 520 · S. Epiphane, y4dv. hcereses, bcer., 64, P. G., XLI · texte numérisé non relu

S. Epiphane, y4dv. hcereses, bcer., 64, P. G., XLI

tout le reste; car la foi des lecteurs "saurait bien distinguer le vrai du faux. Ces interprétations n'avaient rien de surprenant, puisque les Evangiles eux-mêmes avaient été altérés par des hommes téméraires. Malgré ces explications, l'épiscopat enveloppait dans la même condamnation tous les ouvrages d'Origène. Cette mesure semblait excessive à Postumianus, qui trouvait dans ces écrits des pages dignes de toute louange, à tel point que, d'après lui, personne ■ n'avait aussi bien écrit des choses divines depuis les saints apôtres. Il avouait cependant que les passages incriminés contenaient les erreurs les plus grossières qui se puissent imaginer.

Ce n'est pas le lieu d'examiner ce qu'il pouvait y avoir de fondé dans cette querelle théologique, qui mit aux prises les esprits les plus cultivés de l'Orient. Elle troublait depuis longtemps les solitudes de l'Egypte. Saint Pakhôme s'était nettement déclaré contre les doctrines qui circulaient soiis' le nom d'Origène. Des anachorètes, peu éloignés de Tabenne, lui rendirent un jour visite. Il s'entretenait familièrement avec eux, après leur avoir fait les. honneurs de son monastère. Pendant cette conversation une odeur nauséabonde, sortant on ne sait d'oij', infectait l'air qu'ils respiraient. Pakhôme s'expliqua ce phénomène, lorsqu'il sut, après leur départ, que ses hôtes étaient des origénistes obstinés. Dans l'espoir de les gagnera la vérité, il leur manda dé revenir auprès de lui. Origène et ses écrits furent l'objet de leur entretien. « Ceux qui professent les erreurs du maître d'Alexandrie, déclara le saint abbé, sont voués aux peines éternelles. » Il les invita à jeter dans le fleuve les livres origénistes qui étaient en leur possession i. Un ouvrage de cet auteur lui tomba un jour sous la main; le respect pour le nom de Dieu, gravé sur ces feuilles, l'empêcha de le jeter dans le Nil *. Son disciple Théodore éprouvait la même répulsion pour cet écrivain \

Les écrits d'Origène reçurent à Nitrie et à Scété un accueil plus favorable. Tous les moines cependant ne leur donnaient pas la même confiance. L'abbé Lot avait procuré une cellule à un vieillard infirme, qui ne manquait jamais une occasion de faire devant lui et devant ses visiteurs l'éloge d'Origène et de ses ouvrages; il en 'fut très affligé. Sa conscience ne tarda guère à se troubler; son attachement à la foi ne lui permettait point d'écouter sans protestation

1. yUa s. Pacbomii, Paralipomena, 51, /tcta Sanct. Mail, t. III, ^36.

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