S. Athanase, yUa S. Àntonii, 67, P. G., XXVI
Est-ce à dire cependant que la condition du prêtre puisse dans la pratique être préférée à celle du moine? Saint Jérôme né le pense pas. Les raisons sur lesquelles il appuie son sentiment sont de nature à produire une vive impression dans l'esprit de son correspondant et à lui inspirer, comme il se propose de le faire, la crainte du sacerdoce. « Si le moine tombe, dit-il en terminant, le prêtre priera pour lui; si, au contraire, le prêtre vient à tomber, qui donc priera pour lui 1? »
Si le caractère sacré que lui communique l'ordination élève le prêtre et l'évêque au-dessus des moines, la vie sainte que mènent ces derniers leur assure dans l'Eglise une place à part. Alors comme de nos jours, on voyait en eux les meilleurs soutiens des hommes préposés au gouvernement du peuple fidèle *. Tout contribuait à leur donner une influence considérable, l'emportant parfois sur celle que les clercs pouvaient exercer. C'est au point que Stilicon ne craignait pas de dire que la vie monastique, si elle était moins honorable que la vie cléricale, était cependant plus sainte s.
Quand les intérêts de la foi étaient en jeu, lorsqu'il fallait plaider la cause des malheureux et des pauvres, ou prendre part aux grandes manifestations de la vie catholique, ils jouaient un rôle souvent prépondérant. On s'en aperçut à Césarée deCappadoce. Les religieux, qui formaient, au dire de saint Grégoire de Nazianze, la partie la plus sage et la mieux choisie de l'Eglise, se prononcèrent pour saint Basile dans ses difficultés avec son évêque. Ils menaçaient de faire un schisme, et les chrétiens les auraient suivis en masse*. Quelques années plus tard, lorsqu'il fallut remplacer l'évêque de cette ville, l'union des clercs et des moines assura l'élection de Basile. Les clercs et les moines, dit à ce sujet Grégoire de Nazianze, sont l'élite de l'Eglise . C'est à eux qu'il faudrait abandonner ces élections. On épargnerait par ce moyen aux fidèles des divisions et des scandales ^.