Id., Oratio ïH. lo^i, d. Ep. 41, P. G., XXXVH
Ces hommes, dont l'existence était si bien remplie et que le peuple tenait en si haute estime, se trouvaient tout naturellement désignés au choix de l'Eglise pour recevoir les fonctions sacerdotales, à une époque où elle n'avait pu organiser le recrutement et la formation des clercs. Aussi les évêques ordonnaient-ils prêtres soit des fidèles ayant conservé intacte leur virginité, soit des solitaires. A leur défaut, ils imposaient les mains à des veufs qui ne s'étaient point remariés, ou à des hommes engagés dans les liens dii mariage et qui consentaient à n'avoir désormais avec leur épouse aucune relation charnelle i. Un grand nombre de]moines reçurent ainsi le diaconat, et d'autres, la dignité' sacerdotale ou épiscopale. Cette dernière fonction, en les attachant au service d'un diocèse, les forçait de quitter la solitude et de modifier souvent sur des points d'une grande importance leur genre de vie. 11 n'en était pas toujours de même du diaconat et du sacerdoce. Les monastères et les groupes érémitiques eurent, en effet, pour la plupart un clergé recruté dans leur sein.
Tous n'avaient pas au début ce privilège. Les moines suivaient alors la liturgie dans les églises de la communauté chrétienne dont ils dépendaient. Les ascètes avaient longtemps vécu sous ce régime. Certaines communautés monastiques, dont les supérieurs ne voulaient pas laisser leurs religieux recevoir les ordinations, allaient dans les églises voisines participer aux saints mystères, quand ils n'invitaient pas des prêtres séculiers à les leur administer chez eux. Ce fut le cas deTabenne durant les premières années de sa fondation 2. Les frères se rendaient au village le samedi; un prêtre venait au monastère lé dimanche. Le saint fondateur, tout en défendant à ses disciples de recevoir les ordres, ne pensait pas établir un point de discipline monastique applicable partout et toujours. C'était un usage particulier à son ordre. Si des moines revêtus de la dignité sacerdotale se présentaient à Tabenne, on les recevait avec les égards qui leur étaient dus, sans se permettre de les blâmer. Les portes du monastère n'étaient pas fermées aux clercs