‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 396 sur 520 · Id., can., 8, ibid · texte numérisé non relu

Id., can., 8, ibid

4l8 LES MOINES d'orient

du christianisme au sein de Tempire, assurait à celui qui en était investi richesse et honneur. Aussi les ambitieux se mirent-ils à le rechercher de toutes leurs forces. Leurs convoitises se tournaient de préférence vers les sièges des principales cités. On les voyait s'insinuer auprès des grands, flatter le peuple et, au besoin, corrompre les électeurs!. Il n'en fallait pas davantage pour attrister profondément les hommes soucieux du bien des âmes et de l'honneur de l'Eglise. Ils jugeaient, non sans motif, les saints habitants de la solitude plus capables de les gouverner; aussi les contraignirent-ils souvent d'accepter cette charge.

L'un des premiers disciples de saint Antoine, Pàphnuce, fut évêque dans la haute Thébaïde, il avait perdu un œil pendant la persécution. Personne ne défendit avec plus de courage la foi devant les Pères du concile de Nicée. Saint Athanase le compta toujours au nombre de ses amis et de ses défenseurs ^ L' évêque deTmuis, Sérapion, à qui saint Antoine légua sa mélote, était lui aussi un enfant de la solitude. Ces moines évêques delà première heure luttèrent énergiquement contre l'arianisme. Quelques-uns furent condamnés à l'exil par l'empereur Constance. Le patriarche saint Alexandre favorisa de tout son pouvoir des choix aussi utiles à l'Eglise et aux âmes. Saint Athanase marcha sur ses traces et mit à la tête des diocèses autant de moines qu'il put. Il avait du reste mené lui-même la vie sainte des ascètes. Toutes les fois que la Providence le ramena au milieu des solitaires^ il vécut comme l'un d'entre eux. La dignité sacerdotale n'excluait pas en lui la pratique de la philosophie chrétienne, remarque le plus éloquent de ses panégyristes, saint Grégoire' de Nazianze, et cette philosophie puisait une grande force dans sa dignité sainte ^ Le patriarche Théophile imposa.lui aussi les honneurs de l'épiscopat à un grand nombre de religieux*. - . .

Nous n'avons pas la prétention de dresser la liste des moines, évêques durant la première période de l'histoire monastique. Qu'il nous suffise de présenter quelques-uns des noms des plus connus. La Palestine a donné à l'église de Salamine, en Cypre, saint Epiphane, l'un des hommes qui, par leur savoir et leur sainteté, ont le plijs honoré le monachisme et l'épiscopat. Moine et prêtre à Antioche, évêque à Constantinople, saint Jean Chrysostome sut enthou-

1. Pallade, Diah de viia S.Joannis Chrys., 5, P. G., XLVll, 19.

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