Cassien, Conlat., xi
tenant je vis au milieu du siècle et j'ai de nombreuses occasions de prendre plus qu'il ne m'est nécessaire. Si je viens à tomber malade, je ne manquerai pas de gens pour me soignera » Mais tous ne pouvaient pas agir de la même manière. Affy, évêque d'Oxyrinque, aurait voulu rester fidèle aux pratiques austères de la solitude. Les forces vinrent à lui manquer, et il dut par la suite user de plus de discrétion 2.
De fait, le moine ordonné prêtre ou évêque pour le service des chrétiens avait besoin d'une sainteté plus grande. Les maîtres de la vie spirituelle l'ont répété plus d'une fois. « Evite autant que faire se peut la société des femmes, écrivait saint Isidore de Péluse à un évêque Pallade. Car ceux qui remplissent les fonctions sacerdotales ont besoin de mener une vie plus sainte et plus pure que les solitaires retirés sur les montagnes. Ils doivent s'occuper d'eux-mêmes et du peuple confié /à leur sollicitude, tandis que ces derniers n'ont à veiller que sur leur personne. Les premiers sont élevés à une dignité éminente; tout le monde les voit et examine de près leur conduite; les seconds, tranquilles dans leurs grottes, pansent leurs plaies, cachent leurs défauts, et se préparent des couronnes pour l'éternité 3. »
Népotien, le jeune ami de saint Jérôme, avait reçu malgré lui les honneurs de la cléricature et du sacerdoce. Sa résistance ne fit qu'accroître l'estime qu'on lui portait et montrer à tous combien il était digne de confiance. Les sages conseils que lui prodigua le solitaire de Bethléem furent la règle de sa vie. Aussitôt entré dans sa demeure, il oubliait sa dignité pour se livrer d'esprit et de cœur .aux exercices austères de la vie monastique *.
Un autre correspondant de saint Jérôme, le jeune Rusticus, brûlait du désir d'être prêtre. Ce qui lui attira ces avis pleins de sagesse : « Vis au monastère de manière à mériter la cléricature; ne souille ton. adolescence par aucune faute; va à l'autel du Christ comme si tu sortais d'une chambre nuptiale; obtiens des hommes du dehors un bon témoignage; que les femmes ignoren ton visage et ton nom. Lorsque tu auras atteint l'âge viril, si tu es encore en vie et si le "peuple et l'évêque de la cité te font l'hon-
1. yerba seniorum, P. L., LXXIII, 918; Apophtegmata Patrinn, P. G., LXV,