S, Jérôme, Ep., 52-60, P. L., XXII
neur de te choisir, remplis alors les fonctions d'un clerc; prends les meilleurs pour modèle...^ » Saint Basile recommandait aux moines clercs l'humilité d'esprit et de cœur ; car plus ils approchaient des sublimités du sacerdoce, plus ils devaient rester petits et misérables à leurs propres yeux. Ils avaient à se tenir en garde contre l'amour de l'autorité, dans la crainte de charger leurs épaules -des péchés d'autrui*^.
Pour conserver autour d'eux tout ce qu'ils pouvaient du monastère et de la vie monastique, quelques évêques se firent un entourage de moines et vécurent en leur compagnie. De ce nombre fut saint Basile de Césarée^. Ses ennemis lui en firent un reproche*. II y avait, semble-t-il, auprès, de saint Grégoire de Nazianze et de saint Amphiloque, une fraternité, ou réunion de moines 5. Mais on ne vit pas d'églises orientales avec un clergé composé uniquement de religieux, comme cela se passa en Occident, à Verceil, à Hippone et autres lieux. Seule, la cité de Riconoura, sur les confins de la Palestine et de l'Egypte, fut gouvernée par un évêque, des prêtres, des diacres et des clercs astreints aux obligations de la vie monastique 6.
Les solitaires qui avaient fui le monde pour vivre dans une étroite union avec le Seigneur ne consentaient pas toujours à quitter leur retraite et à se charger de la conduite des hommes. L'épiscopat leur causait une sainte frayeur. Un moine, nommé Draconce, gouvernait en Egypte un monastère. II était jeune encore. Sa vertu et sa discrétion lui conciliaient l'esfime universelle; saint Athanase l'honorait de son affecfion. Une église du voisinage d'Alexandrie le choisit pour son premier pasteur avec une unanimité de suffrages qui faisait l'admiration générale. Cette élection produisit une impression fort heureuse. Des païens promettaient de se con-