Sozomène, Hist. eccles., 1. vi, 31, P. G
vertir, et les ariens redoutaient l'influence d'un évêque aussi estimé. Saint Athanase se félicitait d'avoir dans le nouvel élu un excellent compagnon de lutte. Mais Draconce refusa. son consentement. Il objectait sa jeunesse, un défaut de langue, la faiblesse de sa voix et. son manque de courage. Ses religieux, qui tenaient à le garder, l'encourageaient dans cette voie et lui disaient que l'épiscopat serait un danger pour son âme. Draconce finit par déclarer qu'il prendrait la fuite si on tentait de le faire évêque. 11 tint parole.
Cette conduite était une désobéissance aux lois de l'Eglise, une injure faite à la hiérarchie instituée par Notre-Seigneur, un scandale pour les fidèles et un triomphe pour les hérétiques. Saint Athanase, qui en fut profondément affligé , écrivit à son cher Draconce une lettre capable de dissiper ses illusions et ses doutes. Le prêtre Hierax et le lecteur Maxime lui portèrent de sa part un témoignage d'affection et des encouragements .MI craignait de compromettre sa vie monastique. Le patriarche d'Alexandrie le rassura en lui montrant qu'il ne serait pas le seul moine devenu pontife. « Tu pourras, lui dit-il, t'infliger à ton aise les tourments de la faim et de la soif, te priver de vin, jeûner, mener une vie très austère. Nous connaissons des évêques, qui jeûnent et des moines qui mangent beaucoup; des évêques qui se privent de vin et des moines qui en boivent; des évêques qui font des miracles et des moines qui en sont incapables i. » Draconce se rendit enfin aux instances du patriarche.
Certains solitaires, poussés par un zèle indiscret, faisaient le serment de n'accepter aucun ordre sacré. Saint Basile blâme sévèrement une imprudence qui les exposait au parjure ^ Pour lui, il croyait faire une œuvre agréable à Dieu en conférant l'épiscopat à un saint moine. La vertu lui semblait la plus utile des préparations. Le recueil des ApopUegmata Patrum rapporte un trait où son sentiment sur ce point est fidèlenrient rendu. 11 se présenta dans un monastère et demanda à l'hégoumène s'il avait un religieux d'une obéissance consommée. Celui-ci fit venir un frère. Le saint évêque lui ordonna de le servir à manger. A la fin du. repas, le frère offrit à l'évêque de l'eau pour se laver les mains. Le pontife voulut lui rendre le même service; le moine le laissa tranquillement faire. « Quand je serai entré dans l'église, lui dit alors Basile, approche