‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 411 sur 520 · s. Jérôme, y^dv. Vigilantium, \6, P. L., XXlIt · texte numérisé non relu

s. Jérôme, y^dv. Vigilantium, \6, P. L., XXlIt

2. Théodoret, Religiosa Mst., iv, P. G., LXXXII, 1342. 5. Cassien, Coulât., xxiv, 687-689.

l'apostolat ET LA CHARITÉ MONASTIQUES 4)3

naturel, qui les portait a publier la parole de Dieu sans avoir reçu la préparation suifisahte. Saint Nil, qui connaissait les périls auxquels cette témérité expose les âmes, prétend que les démons entouraient ces apôtres improvisés, se les montrant du doigt et riant à gorge déployée : « Ils seront notre proie, se disaient-ils, au moment opportun, puisqu'ils s'avisent d'instruire les autres en dehors de la volonté divine i. » « Ces hommes, qui. n'ont ni la doctrine ni la vertu nécessaires, ne pouvaient, en effet, parler que des lèvres. Or, tout enseignement qui ne s'appuie pas sur la réalité de la vie, est un enseignement inutile '. »

Ces moines légers et présomptueux, qui prêchaient l'Evangile de Jésus-Christ sans profit pour eux ni pour les autres, ne peuvent être assimilés aux véritables apôtres, formés dans la solitude. Le zèle passionné des âmes, les' paroles belles et enflammées qui tombaient de leurs lèvres, une doctrine élevée et pratique, leur donnaient sur les contemporains un ascendant qui n'a guère été surpassé depuis ; ils restent encore les modèles achevés du prédicateur. Il suffit de nommer Grégoire de Nazianze, Basile, Ephrem d'Edesse et Jean Chrysostome. Et ce ne furent pas les seuls.

Saint Ephrem annonça publiquement la parole de Dieu aiix chrétiens de la ville d'Edesse. La charité, qui consumait son âme, fut l'unique mobile de toutes ses prédications. 11 en préparait le succès par ses prières et ses larmes ^ Saint Basile mena dans son diocèse la vie d'un missionnaire, parcourant les villes et les campagnes, élevant les âmes à la considération des biens éternels, multipliant les monastères d'hommes et de femmes. Son zèle apostolique transforma cette province et lui fit produire une abondante moisson de sainteté et de vertu *. En Mésopotamie, avant que la parole d'Ephrem y eût retenti, Jacques de Nisibé'engagea contre le paganisme une campagne vigoureuse. Il franchit les limites de l'Empire et opéra de nombreuses conversions j5amii les Perses ^ Le reclus Abraham, que son évêque fit sortir de sa cellule pour l'ordonner prêtre, exerça un apostolat fructueux. Des prêtres, dès diacres et des moines avaient tour à tour vainement essayé de gagner à l'Evangile les habitants d'un village. Ce solitaire, que recomman-

i. S. Nil, 1. II, episl. 103, P. G., LXXIX, 246.

Page 1