‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 417 sur 520 · S. Alhanase, Viia S. Antonii, 70, P. G., XXVI · texte numérisé non relu

S. Alhanase, Viia S. Antonii, 70, P. G., XXVI

3. Cf. Vie copte de S. Pakhôme, A. D. M. G., t. XVII, 73-75. Vita S. Pacbomii, 51, Acta Sanct. Maii, t. III, 318.

l'apostolat et la CHARITE MONASTIQUES '439

Sophie valait mieux que la leur^. Il leur arriva d'être aux prises avec des hommes capables de leur tenir tête. Evagre du Pont, qui était fort instruit et avait la parole facile, ne manquait pas une occasion de leur fermer la bouche. Non content de résoudre les difficultés qu'ils lui posaient, il prenait l'offensive et se faisait un plaisir de les mettre dans un grand embarras 2. Mais ces esprits, aveuglés par l'orgueil, ouvraient bien rarement les yeux à la lumière de l'Évangile.

Les solitaires étaient généralement plus heureux avec les barbares, qui franchissaient souvent les frontières de l'Empire et désolaient ses provinces par de fréquentes incursions ; d'autres tribus erraient à travers les vastes solitudes de l'Orient sans se fixer jamais nulle part. Moines et barbares se trouvèrent plus d'une fois en présence. De nombreux monastères furent saccagés et détruits 3.

Les Isauriens, qui habitaient les montagnes éloignées de l'Arménie, parcoururent plusieurs fois les provinces de l'Asie. On les vit jusque sous les murs d'Antioche. Un grand nombre de religieux et de religieuses tombèrent sous leurs glaives dans les environs de cette ville 'i. D'autres furent réduits en esclavage. La crainte de les suivre daj^s leur pays et d'y être témoin de leurs superstitions troublait le solitaire Jacques le Syrien. Une mort violente lui eût semblé préférable s. Quelques-uns de ces hommes de Dieu parvinrent à se ménager l'estime de ces barbares. De ce nombre fut Théodore d'Antioche. Aussi son monastère de Rhosos en Cilicie n'eut-il rien à souffrir de leur part. Ils vinrent même à deux reprises lui demander du pain et le secours de ses prières 6.

Des tribus nomades sillonnaient l'Orient depuis le désert de Chalcis jusqu'à la vallée du Nil. On les connaissait sous le nom générique de Sarrasins. D'autres vivaient ordinairement par delà les

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