‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 418 sur 520 · Id., X · texte numérisé non relu

Id., X

frontières de l'Empire. Les unes et les autres eurent fréquemment l'occasion de rencontrer des solitaires. L'une de leurs caravanes servit de guide à saint Antoine lorsqu'il s'enfonça dans le désert. Ce grand serviteur de Dieu reçut fréquemment sa provision de pain de celles qui passaient près de sa retraite. Mais leurs relations avec les moines ne furent pas toujours aussi bienveillantes. On les redoutait beaucoup, et ce n'était pas sans motif. Le séjour de ces solitudes n'offrait pas une grande sécurité. Peu de temps après la mort de saint Antoine, ils s'emparèrent, pour le détruire, du monastère où habitaient ses disciples i. Un groupe d'anachorètes occupaient le désert de Thécué, que le prophète Amos a rendu célèbre. Une bande de Sarrasins envahit cette région et, sans le moindre égard pour leur sainteté, les mit tous à mort. La nouvelle de ce massacre parvint aux oreilles de Cassien, qui était en Egypte ; elle le troubla au point de lui causer un véritable scandale. 11 ne pouvait comprendre que Dieu permît des choses pareilles. L'abbé Théodore, du désert des Cellules, rendit la paix à son cœur en lui manifestant les voies de la Providence 2.

Saint Nil raconte tout au long leur arrivée au Sinaï, où ils firent des victimes et de nombreux captifs, entre autres, son fils Théodoulos^. Sept solitaires égyptiens, surpris par ces barbares, furent arrachés à leur retraite et soumis à des supplices affreux^.

Du temps de Valens, une de leurs tribus, qui habitait l'Arabie,' fit irruption sur le territoire, de l'Empire. Les ravages qu'ils exerçaient causaient de vives inquiétudes. L'empereur, pour y mettre un terme, résolut de traiter avec eux. Ils avaient à leur tête une femme du nom de Mavia, qui désirait embrasser la foi chrétienne et travailler à la conversion de ses sujets. Cette circonstance facilitait singulièrement la conclusion de la paix. Mais l'empereur n'aurait pas mieux demandé que de les faire passer à l'arianisme. L'énergie de Mavia rendit impossible l'exécution de ce dessein. Elle exigea comme évêque de son peuple un moine. Sarrasin d'origine, qui se nommait Moïse. Il fallut céder, et le moine instruisit ses compatriotes dans la religion chrétienne 5.

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