Id., XVI
l'apostolat ET LA CHARITE MONASTIQUES 443
cellule d'Edesse pour se retirer dans un monastère de la ville d'Antioche. Persan d'origine, ce dernier parlait le grec tant bien que mal. Mais la grâce de Dieu et la force de ses convictions suppléaient à la barbarie de son langage. On voyait autour de lui un nombreux auditoire avide d'écouter sa parole'. Il n'y eut nulle part une afluence comparable à celle qu'attirait autour de sa colonne Siméon Stylite. Ce saint avait reçu du ciel le don de la doctrine et de la parole. Il s'en servit largement pour le bien des âmes 2.
Le prestige de ses vertus lui permettait de donner ses avis aux princes et aux évêques. Il ne fut pas le seul à user de cette sainte liberté. Isidore de Péluse ne craignait point de reprendre par lettres des pécheurs dont les fautes publiques scandalisaient les fidèles, sans se laisser intimider par leur dignité et leurs hautes fonctions. Il s'éleva avec une grande énergie! icontre la conduite de l'évêque Eusèbe, du prêtre Maron, de l'archidiacre Pansophios, coupables de simonie, de vol et d'autres forfaits. II prit la défense de la ville de Péluse contre le gouverneur Cyrenios, qui voulait supprimer le droit d'asile. Il invita Callisios à réprimer les cruautés des officiers dont les excès provoquaient les citoyens à la rébellion. On allait nommer gouverneur de Péluse un Cappadocien dont les antécédents n'inspii^nt aucune confiance. Isidore n'épargna rien pour éviter ce mail
ipereur Théodose le Jeune lui-même, et lui rappela auxquelles il pourrait gagner le royaume des
qui tenait les moines en haute estime, recevait av'l?Ti5T5ïr' leurs lettres. Il avait beaucoup entendu parler du moine Abraham, évêque de Carrhes en Mésopotamie. Pour le voir à son aise, il le fit venir de son diocèse et lui témoigna toutes sortes d'égards 5. Siméon Stylite, qui entretenait des relations avec ce prince, lui recommandait les intérêts de l'Eglise 6. H avait sur son esprit un ascendant considérable. Les juifs d'Antioche accusaient