‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 423 sur 520 · VerbaSeniorinu, P. L., LXXIII · texte numérisé non relu

VerbaSeniorinu, P. L., LXXIII

3. S. Jean Chrys., Comparatio régis cum monacho, P. G., XLVII, 391,

l'apostolat et la charité monastiques 445

un soin particulier des pauvres i. L'éloignement du mondé où se tenait saint Antoine et le mépris qu'il affectait de ses maximes et de ses manières ne faisaierit qu'accroître son prestige. L'empereur Constance le pria par lettre de venir à Constantinople. Le saint ne voyait pas trop quelle pouvait être la volonté divine. L'abbé Paul, dont il prit le conseil, lui fit cette réponse : « Si tu vas là-bas, on t'appellera Antoine, tandis que si tu restes ici, on continuera à te nommer l'abbé Antoine^ ». Paul avait mille fois raison. La distance ffrandit les hommes.

Saint Antoine vit plus d'une fois de puissants personnages pénétrer dans sa solitude. 11 ne leur ménageait pas ses avis. Apprenaitil qu'un officier supérieur, oublieux de son devoir, opprimait les faibles : il prenait bravement la défense des victimes, avec le même courage que si on l'eût offensé personnellement. Un certain Balacios, arien fanatique, qui command'ait les troupes de la région, infligeait aux moines et aux vierges toutes sortes de mauvais traitements. Antoine lui écrivit sans retard uiie lettre sévère, le menaçant, s'il continuait, de la colère divine. La liberté de son langage jeta l'officier dans une colère violente. Les menaces d'Antoine n'en eurent pas moins leur effet providentiel 3.

Nous avons parlé de l'énergie que saint Isidore de Péluse montra en plusieurs circonstances. Saint Nil ne fut pas moins intrépide; sa correspondance en fournit des preuves nombreuses. 11 serait facile de citer d'autres noms et de multiplier les exemples.

Les moines usaient souvent de cette liberté pour protéger le peuple contre la dureté de certains propriétaires. On magistrat païen d'Antioche, nommé Letoios, était, dans la perception des redevances, d'une sévérité brutale. On s'en plaignait beaucoup. Le solitaire Maisymas essaya vainement d'adoucir son caractère et ses procédés. Après une tentative infructueuse, il appela le ciel à son

1. s. Athanase, f^ila S. Xitioiiii, 8i, P. G., XXVI, 953-938.

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