Ipopbtegmala Fatrtwt, P. G., LXV
^. S. Athanase, 85-87, c. 962-966.
aide, Dieu prit le parti de son serviteur, et Letoios fut contraint de se montrer moins avare*.
Les collecteurs d'impôt étaient en général durs et impitoyables. Ils jetaient en prison ou maltraitaient indignement ceux qui ne pouvaient faire droit à leurs exigences. Les contribuables du diocèse de Cyr avaient des charges tellement lourdes que bon nombre de propriétaires, ruinés par le fisc, furent obligés d'abandonner leurs terres. Les moines s'intéressèrent vivement au sort de ces malheureux. Le moine évêque Théodoret écrivit au préfet du prétoire Constance et à l'impératrice Pulchérie*. Théodoret plaidait cette cause avec d'autant plus de force qu'il avait, de son côté, fait davantage pour sa ville et ses diocésains. Sans rien demander à personne, par une sage administration, il put faire élever des portiques, réparer les bains publics, construire deux ponts et un aqueduc qui fournissait de l'eau en abondance^.
Cet amour des solitaires pour le peuple ne se montra jamais plus que sous le règne de Théodose le Grand. Le prélèvement d'un nouvel impôt avait exaspéré la population d'Antioche, qui, dans son mécontentement, s'oublia jusqu'à renverser la statue de l'impératrice et à outrager indignement celle de l'empereur. Le prince, en apprenant cette nouvelle, donna l'ordre d'infliger à la ville le châtiment qu'elle méritait. Deux généraux partirent avec des troupes afin d'exercer la vengeance impériale ; rnais, lorsque les passions furent calmées, les habitants coinprirent la gravité de leur conduite et la sévérité des châtiments dont ils étaient menacés. Ils se seraient abandonnés au désespoir, si saint Jean Chrysostome n'avait pas relevé leur courage par ses exhortations éloquentes. Pendant que les philosophes prenaient discrètement la fuite, les « athlètes de la vertu », c'est ainsi que Théodoret appelle les moines, sortirent de leurs retraites et vinrent consoler les citoyens et fléchir la colère des juges. Aphraates ne ménagea ni sa peine ni les démarches. Personne ne fut plus généreux que Macedonios. Son intervention sauva la ville^. De pareils services ne passent point inaperçus ; ils produisent toujours, chez ceux qui en bénéfi-