yu S. Simeonis, Acta Sanct.Jan., t. 1, 264, éd. Venise
l'apostolat et la charité monastiques 451
Cette dureté mettait le comble à la misère publique. Le cœur de saint Ephrem en fut vivement ému. Son éloquence aimait à célébrer l'amour des pauvres i. L'aumône était à ses yeux la plus belle gloire du chrétien; les disciples du Christ devaient se disputer l'honneur de soulager les miséreux. Dans cette circonstance, sa parole fut écoutée. Les riches, né pouvant distribuer personnellement les ressources nécessaires à tant de pauvres, lui déclarèrent que nul ne leur inspirait assez de confiance pour se décharger de ce soin sur lui. Le saint diacre se mit tout entier à leur disposition. Son dévouement provoqua la générosité de tous. Il organisa de son mieux le service de la charité. Trois cents lits furent dressés pour les malades. Personne ne manqua du nécessaire. Ephrem ne rentra dans son monastère .qu'après la famine 2.
Saint Basile recommande dans ses règles le soin des pauvres. Les moines, dit-il, ne peuvent rien donner personnellement. Un frère est chargé de ce service important. II doit s'en acquitter avec discrétion et ne point faire l'aumône à tort et à travers. La prudence lui interdit de distribuer au dehors ce qui est nécessaire pour l'entretien de la communauté. Si certaines circonstances exigent qu'on fasse le contraire, l'économe prendra l'avis de l'hégoumène avant de fixer la mesure de la charité 3. La sœur du patriarche des moines de Cappadoce, sainte Macrine, prenait des pauvres le plus grand soin. Sa bonté pour eux se manifesta d'une manière éclatante à l'époque d'une famine qui désolait la région. Les afiamés, sachant que la sainte et ses religieuses donnaient sans compter, accouraient de partout, si bien qu'à les voir, on eût pris cette solitude pour les abords d'une ville très peuplée. Dieu montra combien ces largesses lui étaient agréables. Les sœurs avaient distribué toute une journée le froment à ceux qui en demandaient; on s'aperçut que la provision ne diminuait pas''*.
Non loin du monastère de Macrine, son jeune frère Naucratios s'occupait avec une touchante sollicitude de quelques vieillards pauvres et infirmes. Pour leur procurer de quoi vivre, il chassait
1. s. Ephrem, op. gr., t. III, 21-22. S. Grég. Nys., De vita S. P. Eprein, P. G., XLVII, 831-839,
2. Sozomènc, Hlst. eccles., 1. ill, 16, P. G., LXVII,i09i-i092, Pallade, /y/s/. latis.^ Cl, P. G., XXXIV, 1305-1207.
3. S. Basile, Reg.ftis. tracL, iiit. 100, ici. P. G., XXXI, 1 151-1 154. /?é?^. brev. tract., int. 302, ibid., 1275.