‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 433 sur 520 · Verha Seniorum, P. L., LXXIH · texte numérisé non relu

Verha Seniorum, P. L., LXXIH

2, Rufin, Hist. monach., xxix, P. L., XXI, 453,

mort de faim et de soif si la Providence ne lui avait ménagé la rencontre d'un animal qui le nourrit de son lait^.

L'abbé Ammonas s'égara en faisant le trajet de la montagne de Saint-Antoine à la vallée du Nil. La nuit vint à le surprendre. Comme il ne pouvait se guider d'après les étoiles du ciel, il s'arrêta et dormit tranquillement, au lieu de perdre son temps et ses forces en tentatives infructueuses. Il pria Dieu à son réveil et n'eut aucune peine à retrouver son chemin ^

Les déserts qui entourent les solitudes de Nitrie et de Scété n'avaient aucun sentier reconnaissable. Les moines s'y égarèrent plus d'une fois. L'abbé Zenon, qui profita de la fraîcheur de la huit pour entreprendre une excursion dans cette contrée, marcha longtemps sans trop savoir où il allait. Après trois jours de fatigues, il tomba épuisé sur le sable. Un enfant vint alors le mettre dans une direction sûre et disparut, après lui avoir procuré quelque soulagement 3.

Les moines qui entreprenaient un voyage en pays inconnu n'allaient pas ordinairement seuls. Quand saint Antoine s'éloigna de. la vallée du Nil pour chercher un refuge dans une solitude reculée, il se joignit à une caravane de Sarrasins. Suivant la coutume de ces pays, les voyageurs, réunis en groupe ou caravane, se mettaient en marche sous la conduite d'un guide expérimenté. Celuici, malgré sa science et sa prudence, n'était pas à l'abri de toute surprise. Une erreur de sa part, lorsqu'on venait à la constater, lui attirait, en règle générale, une explosion de colère et d'injures. On ne se contentait pas toujours de paroles. Les moines étaient portés à faire comme les autres. C'est pour cela que les anciens leur donnaient de temps à autre l'exemple de la charité et de la patience. L'abbé Jean cheminait dans le désert avec plusieurs compagnons. Leur guide perdit la route, et les ténèbres les surprirent avant qu'il eût pu la retrouver. Les moines consultèrent le pieux abbé, qui prit la chose en douceur et ne voulut même pas humi-

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