‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 448 sur 520 · Rufin, Hist. monach., xvi, P. L., XXfl · texte numérisé non relu

Rufin, Hist. monach., xvi, P. L., XXfl

3. Pallade, Dialogus de vita S.Jobannis Chrysosi., 17, P. G.,XLVIl, 57-61.

4. S. Ephrem, In vitaB. Abraami, op. gr., t. II, 18. Testamentum, ibid., 244.

5. S. Nil, Tractatus ad Eulogium, 23, P. G., LXXIX. Dans ce chapitre et dans le suivant de cet opuscule, saint Nil expose fort bien les caractères de l'hospitalité monastique.

l'hospitalité monastique 475

Saint Basile ajoutait une importance capitale à la pratique de cette vertu. Mais comme ses religieux menaient la vie commune, il dut la soumettre à une organisation fixe. Il appartient au monastère, et non à chaque individu, de l'exercer. Car si tous s'en mêlaient, il en résulterait forcément une confusion très préjudiciable à la discipline régulière. Le législateur rejette donc la responsabilité de la réception des hôtes tout entière sur l'hégoumène ou sur celui qui le remplace en cas d'absence. Ils veillent à ne les mettre en rapport qu'avec des frères instruits, sachant parler avec autorité de tout ce qui a trait aux choses de la foi, en un mot capables de les éclairer et de les édifier. Le bien des âmes et l'honneur du monastère l'exigent. Un religieux est plus spécialement chargé de s'occuper d'eux. Tous doivent le respecter dans l'exercice de sa fonction. Si, par exemple, un frère s'aperçoit qu'il donne à un hôte des renseignements inexacts, au lieu de rectifier précipitamment ses paroles, il lui signale son erreur en particulier. Un étranger, ignorant les coutumes de la maison, est exposé à lier conversation avec un moine qui ne peut l'entretenir; celui-ci, pour ne point violer la règle^ se contente de le mettre en rapport avec l'hôtelier i. L'arrivée d'un hôte ne doit jamais troubler l'ordre des exercices communs et des observances régulières, à moins toutefois que le bien des âmes ne l'exige absolument; car alors il nefaudraitpascraindre.de négliger une acfion extérieure pour satisfaire aux exigences du précepte divin de la charités Saint Basile, qui veut placer sous la protection du Seigneur la réception des hôtes, prescrit de la consacrer par la prière; le frère qui reçoit et l'étranger qui arrive s'unissent d'abord dans une oraison fervente. C'était du reste la coutume générale des moines orientaux 3.

Sainte Macrine, qui s'inspirait des enseignements et des exemples de son frère, exerçait dignement l'hospitalité. On peut en juger par deux traits. Ils ont un charme particulier, puisque les hôtes sont des parents. Grégoire de Nysse, son frère — c'est lui-même qui le raconte, — alla lui rendre visite. Son autre frère, le prêtre Pierre, qui gouvernait le monastère d'hommes bâti auprès de celui des femmes, était parti depuis quatre jours au-devant du saint

1. s, Basile, Reg.fus. tract., int. 32-45, P. G., XXXI, 995-1034.

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