‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 452 sur 520 · Théodoret, Religiosa hist., x, P, G,, LXXXII · texte numérisé non relu

Théodoret, Religiosa hist., x, P, G,, LXXXII

l'hospitalité MONASTiaUE 479

liait du pain et des raisins secs i. Il visita plus tard avec quelques compagnons les moines de Télédan, qui les gardèrent avec eux durant une semaine. Le saint abbé David aimait à s'asseoir au milieu d'eux pour les entretenir de la sagesse éternelle et de la doctrine évangélique^.

Abraham, devenu évêque de Carrhes, qui était d'une grande sévérité pour lui-même, usait envers les étrangers de beaucoup de délicatesse. Ils étaient toujours sûrs d'avoir chez lui des lits préparés, des pains de premier choix, du vin aromatisé, des poissons, des légumes, en un mot tout ce qu'il savait leur devoir être agréable". Maysymas ouvrait généreusement sa porte à tous, et spécialement aux pauvres qui se présentaient. Il avait pour leur service deux tonneaux pleins, l'un de blé, l'autre d'huile ; ils étaient aussi inépuisables que sa charité *.

Depuis longtemps les moines' de Syrie montraient par la pratique en quelle estime ils tenaient l'hospitalité chrétienne. Le plus illustre de leurs maîtres, saint Ephrem, n'avait qu'à modérer leur zèle. Quelques-uns, en effet, faisaient plus que ne permettaient leurs moyens. Le départ d'un hôte les laissait dans la gêne. Il suffisait à chacun de faire de grand cœur ce qui était en son pouvoir.

Les ermites, en échange du vivre et du couvert qu'ils offraient ainsi, priaient leur hôte de leur adresser quelques paroles d'édification. Comme tous n'étaient point capables de rendre ce service, le diacre d'Edesse recommande de ne pas trop insister. La discrétion voulait qu'on s'arrêtât après avoir renouvelé sa demande deux ou trois fois ^.

Les anachorètes égyptiens étaient, eux aussi, les plus hospitaliers des hommes. L'abbé Isaïe se fait sur ce point l'interprète de leurs sentiments dans les prescriptions sages et minutieuses qu'il leur adresse. D'après lui, un solitaire pouvait tout à son aise s'affliger et pleurer seul dans sa cellule; mais aussitôt qu'un frère venait à lui, la charité lui demandait d'ouvrir son cœur à la joie et de quitter aussitôt son travail pour lui procurer les soulagements dont il avait besoin s. Il l'accueillait, le sourire sur les lèvres, le

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