‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 453 sur 520 · Isaïe, Oralio m, P. G., XL · texte numérisé non relu

Isaïe, Oralio m, P. G., XL

48o LES MOINES d'orient

saluait affectueusement, et, sans lui poser de question inutile, l'invitait à prier; après quoi, il lui demandait des nouvelles de sa santé, lui faisait une lecture édifiante, lui lavait les pieds, et enfin lui rendait tous les bons offices qu'exige la charité fraternelle. Le frère devait traiter son hôte en toute douceur durant son séjour ^ Leur conversation roulait uniquement sur des sujets pieux. Il n'y avait pas à craindre de l'y ramener si elle dégénérait en bavardages inutiles. On recommandait à l'hôte de ne point abuser de la bonté d'autrui. Il était un frère charitablement reçu chez un frère, qui devait payer l'hospitalité reçue par son empressement à rendre tous les services en son pouvoir^. Une grande discrétion lui était nécessaire, pour ne pas inspecter curieusement la cellule et son mobilier. Celui qui le recevait se tenait sur la même réserve, s'il laissait quelque chose en dépôt chez lui'.

On peut, avec ce qui vient d'être dit, signaler un certain nombre de pratiques en usage dans tout l'Orient. Les moines lavaient partout les pieds à leurs hôtes. Saint Jérôme recommandait à Rusticus cette forme de la charité chrétienne*. Lés plus dignes du monastère réclamaient comme un honneur de rendre ce service 5. Ceux à qui .on le rendait n'en étaient pas toujours dignes 6.

La prière passait pour le premier devoir de l'hospitalité. Rufin, qui nous l'apprend, en donne la raison. Les moines, préoccupés par la crainte du démon et la pensée des vilains tours qu'il pouvait leur jouer, s'assuraient si l'hôte qu'ils recevaient était bien une créature humaine; car, s'ils avaient eu sous les yeux un diable déguisé en homme, la prière l'eût immédiatement démasqué"^. Cette prière se faisait toujours avant la salutation s.

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