Verba seniorum, P. L., LXXllI
l'hospitalité MONASTIQUE 48 I
Quelques-uns complétaient le salut par le baiser fraternel i. Quand un solitaire avait l'honneur de recevoir un ancien vénéré à cause de sa vertu et de sa doctrine, il ne se contentait pas de le saluer, il se prosternait devant lui *. L'abbé Apollo recommandait fort de rendre ce témoignage de respect à tous les frères qui venaient : « Ce n'est pas eux, disait-il, que tu adores, mais le Seigneur ton Dieu'. » A Hermopolis, les moines allèrent attendre Rufm et ses compagnons en chantant les psaumes. Ils se prosternèrent devant eux et leur donnèrent ensuite le baiser fraternel*. Ailleurs, on alla au-devant de l'abbé Macaire-, dès branches de palmier à la main en signe d'allégresse s.
La coutume de se porter ainsi à la rencontre des hôtes était assez générale 6. La charité, qui .poussait les religieux à faire cette démarche, les engageait aussi à accompagner leurs visiteurs au moment du départ. Ils les conduisaient assez loin, surtout quand il y avait danger de s'égarer'^. Lorsque Rufin et ses amis quittèrent Apollonios d'Hermopolis, il les suivit quelque temps avec toute sa communauté. Puis, se tournant vers les frères, il leur demanda qui voudrait bien conduire les hôtes jusqu'aux habitations monastiques les plus rapprochées. Ils s'offrirent pour la plupart. L'abbé en choisit trois capables de servir d'interprètes, et il leur ordonna de ne laisser Rufin et ses compagnons que le jour où ils auraient vu les moines et les monastères qu'ils désiraient visiter s.
La pèlerine Sylvie, qui reçut la plus généreuse hospitalité dans les monastères de la Palestine et de la péninsule Sinaïtique, a soin de dire que les religieux l'accompagnaient toujours d'un monastère à l'autre et lui montraient tous les lieux qui avaient pour elle de l'intérêt.
La joie de recevoir un hôte se manifestait par une amélioration du régime ordinaire ; car l'hospitalité dispensait le moine de ses iiustérités habituelles. Un frère, en sortant de la cellule de celui qui