CHAPITRE XXII
Austérités monastiques
La pénitence et la mortification, par lesquelles le moine exerçait surtout l'ascèse et luttait contre lui-même, jouaient dans son existence un rôle important. Elles le portaient à restreindre autant que possible les besoins de la nature. Non content de soumettre son estomac à un régime sévère, il s'en prenait à l'une des exigences du corps humain les plus impérieuses, le sommeil, pour la réduire autant que faire se pouvait i.
Le sentiment général parmi les solitaires était de prendre le repos indispensable, sans transformer en plaisir la satisfaction de cette nécessité naturelle. Leur austérité sur ce point semblait leur offrir des avantages sérieux : « Trop dormir hébète l'intelligence et rend l'âme paresseuse, déclarait un ancien, tandis que les saintes" veilles augmentent la vivacité de l'esprit et rendent son regard plus net; ce qui faisait les Pères dire : Les saintes veilles purifient et éclairent: râme^ » Saint Ephrem recommandait de se tenir en garde contre le besoin excessif de dormir. Car, disait-il, si l'on n'y veille, la paresse s'empare aisément du corps, et elle souffle sur le feu mal éteint des convoitises charnelles ^ 11 appuyait ses conseils par l'autorité de l'exemple, en refusant à son corps tout repos qui n'était pas absolument indispensable ''^ Saint Basile, qui voyait dans le sommeil une
1 , Zockler, Âskese und Mouchttmi, 240-24 1 .