‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 464 sur 520 · Id., ep. 1 10, Ibid · texte numérisé non relu

Id., ep. 1 10, Ibid

^.\à., ep. 1 16-1 17. Ibid,, 21 1-214.

inactive. Non content de correspondre avec ses amis, il épancha dans des poèmes les sentiments qui remplissaient son cœuri.

Ce mutisme n'était pas une pratique générale des moines orientaux. Le silence monastique consistait surtout dans l'usage modéré de la langue, indispensable à qui veut acquérir la pureté du cœur et la perfection religieuse. La plupart des maîtres de l'ascétisme primitif recommandent ses avantages incontestables. « Impose le silence à tes lèvres, écrit saint Ephrem, et tu te délivreras ainsi d'un grand nombre de fautes ^ Le moine ne peut habiter longtemps le même endroit et vivre' en paix s'il n'aime le silence. Le silence lui enseigne le repos intérieur et l'assiduité à l'oraison... Qui multiplie les paroles, multiplie les querelles et accumule la haine contre lui. Qui veille sur sa langue se prépare des amis 3. » La langue est bien petite, remarque saint Grégoire de Nazianze; mais rien n'a autant de puissance. Rien ne peut causer à l'homme de plus graves préjudices. S'il sait s'en servir, il conquiert les palmes de la sagesse^. Au début de sa vie religieuse, l'abbé Evagre s'en alla consulter un ancien. « Abba, lui demanda-t-il, donne-moi donc une parole de salut. — Si tu veux être sauvé, ne parle à un frère que s'il t'interroge 5. » «Jusques à quand faut-il me taire ? demandait un autre. — Jusqu'à ce que tu sois interrogé. Car si tu observes constamment le silence, tu conserveras ton âme en paix 6. »

Les religieux graves et instruits parlent rarement, tandis que les hommes ignorants parlent toujours sans savoir ce qu'ils disent; saint Nil le déclarait à un moine bavard ^. Les paroles inutiles lui semblaient aussi pernicieuses que les mauvaises pensées s. Dans le

1. S. Grég. Naz., Poein., 34, 35, ^6, 37, 38, P. G., XXXVII, 1307-1339.

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