S. Ephrem, De vila splrUuali, 76, op. gr., t. I
AUSTÉRITÉS MONASTIQUES .^^y'
que celui-ci, après lui avoir lavé les pieds, les oignît délicatement avec de l'huile. 11 n'y avait pas à insister si le frère refusait ce soulagement, à moins que ce ne fût un vieillard. Il ne devait pas alors se contenter d'oindre les pieds i. A Tabenne, le soir, quand les moines revenaient du travail, on leur permettait de se frotter ainsi les mains". Cet usage était entré dans les mœurs, au point de paraître indispensable; on ne pouvait, sans s'imposer une gêne extraordinaire, priver ses membres de ce soulagement. Aussi saint Athanase signale-t-il comme admirable une mortification de ce genre pratiquée par saint Antoine «^.
Il y eut des religieux qui se condamnèrent à ne jamais regarder autour d'eux, pas même le mobiliisr de leur cellule, à passer un certain nombre de nuits dans les épines, à vivre près d'une eau infecte, etc.^ Ils recouraient à ces moyens pour se débarrasser de tentations importunes. Ammon, toutes les fois qu'il ressentait l'aiguillon de la chair, traitait sdn corps avec une sévérité impitoyable. Un de ses traitements favoris consistait à se brûler avec un fer rouge^.- Pour chasser une tentation impure, Macaire d'Alexandrie se jeta tout nu dans un marais. L'eau stagnante y attirait quantité de moustiques. Il y en a, dit Pallade, de gros comme des guêpes, capables de percer la peau d'un sanglier. Le saint supporta ce cilice d'un nouveau genre six mois durant. On devine en quel état fut mis son corps ; il ressemblait à celui d'un lépreux^.
Quelques-uns imaginèrent de se charger de chaînes ou de pièces de bois. C'était uit excellent moyen d'accabler son corps'^. Cet usage fut mal accueilli en Egypte. ApoUonios d'HermopoIis craignait que cela ne servît de prétexte à la recherche dé soi-
i. Isaïe, Oratio m, P. G., XL, 409.