‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 474 sur 520 · Id., Instiiuta, prce/at., p · texte numérisé non relu

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consiste surtout à dominer ses passions ^ Il y en avait même qui faisaient ostentation de ces dons du Seigneur. Ils s'engageaient ainsi dans une voie fort dangereuse. Quelques-uns en firent l'expérience. Macaire les avait présents à l'esprit, quand il disait à ses moines : « Plusieurs frères ont eu le don des miracles ; ils ont joui de visions et de révélations ; mais parce qu'ils ne sont pas arrivés à la charité parfaite, dans laquelle consiste la perfection, ils ont vu s'élever contre eux une guerre où ils ont été vaincus en punition de leur négligence. Ils sont déchus de la grâce qu'ils possédaient 2. ».

Quelques exemples ne seront pas inutiles.

Dans les premiers temps du monachisme, un religieux, compagnon de saint Pakhôme, et comme lui disciple de l'abbé Palamon, s'était laissé séduire par la complaisance dans les œuvres extraornaires. Il se présenta un jour devant Palamon et Pakhôme : « Celui qui croit être en possession du don de la foi, leur dit-il, qu'il vienne se tenir immobile sur ces charbons embrasés, jusqu'à ce qu'il ait terminé une lecture de l'Evangile. » Palamon, qui voyait clair,. lui recommanda d'être modeste et prudent : « Ne tiens pas un pareil langage, tu seras victime d'une illusion. » Malgré ce sage conseil, il tenta l'épreuve. Par une permission divine et un prestige du démon, la vertu du feu fut impuissante contre lui. Il ne sentit aucune brûlure. Cet événement ne fit qu'augmenter sa complaisance en lui-même. Dans la suite, il commit une faute grave, perdit la raison et se donna la mort".

Pallade raconte tout au long l'aventure lamentable d'un moine nommé Valens, originaire de Palestine. Il passa plusieurs années dans le désert d'Egypte. La solitude ne le préserva point de l'orgueil. Il se figura vivre en la compagnie des anges; les esprits bienheureux, pensait-il, lui rendaient toutes sortes de services. On racontait que, ayant perdu pendant la nuit l'dguille avec laquelle il cousait ses corbeilles, il l'avait trouvée à l'aide de la lumière d'un flambeau ' que le démon lui tenait. Son orgueil le poussait à croire qu'il pouvait se passer de communion. Le diable lui apparut. C'était la nuit. Un millier de démons, simulant les anges, tenaient des torches ; l'esprit mauvais prit au milieu d'un

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