Pallade, Parai«£î« Pa/r«w, P. G., LXV
sidérer, ce rayon tomba de sa main et se répandit sur toute la surface de la terre. Cette vision le troubla grandement. Une voix se fit entendre qui lui dit : « Sache-le, Pakhôme, car cela t'arrivera après quelque temps'. » C'était une prophétie, sous une forme symbolique, de la fondation du monastère de Tabenne et de l'extension de son ordre. Quatre ans plus tard, une autre vision vint lui confirmer la pensée de Dieu sur son avenir. La rosée du ciel descendit de nouveau sur lui. Puis elle tomba et couvrit la terre entière. Il reçut en outre des clefs qui lui furent remises secrètement ^ Longtemps après, le Seigneur lui révéla le relâchement dans lequel son ordre devait tomber 3.
Parmi les moines qui eurent le privilège de connaître les choses futures^ personne n'égala le célèbre Jean de Lycopolis, qui menait la vie austère des reclus sur un rocher dans la Thébaïde. Il annonçait les crues du Nil et les fléaux qui allaient frapper l'Egypte. Théodose le Grand et les officiers de ses armées le mettaient souvent à contribution. L'empereur, qui avait en lui la plus entière confiance, prenait son avis toutes les fois qu'il avait à traiter une affaire d'une certaine gravité*. Avant de partir pour l'Occident où il lui fallait soumettre par les armes l'usurpateur Eugène, il fit demander le sentiment du saint solitaire. Jean lui avait déjà prédit la. victoire facile remportée sur Maxime. Il lui annonça que le triomphe surce nouvel ennemi lui coûterait beaucoup plus d'hommes et de peine 5. L'événement justifia ses prévisions. Des moines de Palestine, qui étaient venus le consulter, se trouvaient auprès de sa cellule à l'époque où Théodose combattait son ennemi. Avant leur départ, Jean leur tint ce langage : « Allez en paix, mes enfants; sachez seulement qu'aujourd'hui la ville d'Alexandrie apprend la nouvelle de la victoire du pieux empereur Théodose sur le tyran Eugène. Mais le prince ne tardera pas à mourir lui-même. » Ses. auditeurs constatèrent bientôt la vérité de sa prophétie 6.
La mort de Julien l'Apostat fut l'événement sur lequel s'exerça l'esprit prophétique de plusieurs solitaires. La persécution qu'il
1. yie copte de S. Pakhôme, publiée par Amélineau, A. D. M. G,, XVII, 8, 9.