‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 483 sur 520 · Id., 59, ibid., col · texte numérisé non relu

Id., 59, ibid., col

l'air joyeux; chacun d'eux était accompagné par son ange. Un seul se présentait d'une manière toute différente, il semblait tout noir, les démons le tiraillaient dans tous les sens par un anneau qu'ils lui avaient passé au nez ; son ange le suivait de loin tout triste. Le bienheureux Paul se mit à verser des larmes amères et à se frapper la poitrine. 11 resta hors du temple et pria pour ce malheureux. Quand les frères sortirent, il les considéra de nouveau. Celui qui lui avait causé taiit de tristesse était blanc et joyeux comme les autres ; les démons le suivaient à distance, tandis que son ange se tenait à ses côtés, plein d'allégresse. Le vieillard, ne pouvant contenir sa joie, réunit tous les moines et les invita à célébrer la miséricorde du Seigneur. Après leur avoir raconté ce qu'il avait vu, il pria le frère de dire ce qui s'était passé dans le secret de son âme : « Je suis un pécheur, dit-il à haute voix ; je vivais depuis longtemps dans l'habitude du péché. J'ai entendu dans l'église ces paroles du prophète Isaïe, ou plutôt du Seigneur parlant par sa bouche : Lavez-vous et soyez purs, éloignez Je mal de vos cœurs ; apprenez à faire le bien et recherchez la justice... Le langage du prophète . m'a pénétré du regret de mes fautes : je suis rentré en moimême pour dire à Dieu : Vous êtes venu. Seigneur, sauver le monde; accomplissez en ma faveur ce que vient de dire votre prophète. Je vous promets du fond du cœur de ne plus faire le mal à l'avenir. C'est dans ces dispositions que je suis sorti de l'église. » Tous les anciens chantèrent la bonté et la sagesse de Dieu dans ses. œuvres'.

Saint Pakhôme pouvait lui aussi connaître les pensées les plus intimes. Il s'est maintes fois servi de cette lumière pour convertir de pauvres pécheurs. Son disciple Théodore avait la même perspicacité, quand il s'agissait de deviner les fautes commises dans le secret ". Jean de Lycopolis avait lui aussi le don de lire au fond des cœurs. Pallade en donne quelques exemples frappants s. En voici un qui est rapporté par Rufin. Dieu lui faisait connaître la vie des religieux qui habitaient les solitudes du voisinage^ Quand il avait reçu quelque lumière de ce genre, il écrivait à leurs supérieurs pour leur donner des avis en conséquence. Parfois les moines en recevaient de sa part qui étaient fort sages*. Saint

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