‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 484 sur 520 · Rufin, Hist. mon., xv, P. L., XXI · texte numérisé non relu

Rufin, Hist. mon., xv, P. L., XXI

5l8 LES, MOINES d'orient

Hilarion, qui avait appris surnaturellement la mort de saint Antoine, devinait le vice auquel un homme était soumis d'après l'odeur qui s'exhalait de ses vêtements ou des obj ts qu'il avait touchés K Au dire de Rufin, Evagre possédait le don du discernement des esprits à un degré tel que personne dans la région ne passait pour l'égaler. Ce privilège était accompagné d'une science peu commune des choses spirituelles ^

L'abbé Pambon recevait lui aussi des illuminations intérieures sur les sujets les plus variés. Les frères allaient souvent le consulter, tantôt sur le sens d'un texte biblique, tantôt .sur une affaire quelconque. Jamais il ne précipitait sa réponse : « Je ne vois pas encore' que vous répondre », telles étaient invariablement ses premières paroles. Longtemps après, quelquefois au bout de trois mois, il disait : « Je n'ai pas encore saisi ce qu'il convient de vous dire. » Quand une fois la lumière avait brillé à ses yeux, il parlait, mais avec la force et l'autorité que donne le Seigneur. On l'écoutait avec autant de respect que si Dieu lui-même eût parlé s.

11 faut citer un trait de la vie de saint Arsène, l'un des mystiques égyptiens les plus estimés. Une voix céleste l'invita un jour à sortir de sa cellule pour contempler de ses yeux ce que sont les œuvres des hommes. 11 sortit, en effet, et aperçut un Ethiopien qui coupait du bois avec une hache ; il fit un gros fagot, qu'il tenta de mettre sur ses épaules. Peine perdue ; la charge était trop lourde. Au lieu de le diminuer, il le grossit encore. Arsène vit encore un homme qui se tenait sur le bord d'un lac et remplissait d'eau un récipient; mais un trou laissait tout le liquide s'échapper et courir au lieu d'où on l'avait tiré. La voix lui dit alors : « Viens, je te montrerai autre chose. » Et il aperçut un temple et deux hommes montés à cheval qui voulaient y pénétrer ensemble. Deux longs bâtons qu'ils portaient en travers les en empêchaient. Arsène demanda ce que signifiaient ces visions. Les cavaliers, lui fut-il dit, représentent les moines qui, pleins d'eux-mêmes, refusent de reconnaître leurs torts et de s'humilier. La porte du ciel leur est fermée. Le bûcheron est l'image de l'homme qui, aux péchés anciens, ajoute des fautes nouvelles, sans jamais faire pénitence. Vois dans celui qui remplit le tonneau l'image de l'homme qui fait quelques œuvres bonnes ;

1. S. Jérôme, yUa S. Hilarionis, 18-19. '^^''^ Sandorum Oct., t. XI; 52.

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