‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 487 sur 520 · Ibid., 32, col · texte numérisé non relu

Ibid., 32, col

heure l'écho de la pensée des moines égyptiens sur cet intéressant sujet*. Après lui, personne à cette époque n'en a mieux parlé que le pieux et illustre solitaire du Sinaï, saint Nil. Dans une lettre qu'il adresse à l'un de ses disciples, il accumule les conseils les plus sages sur la vie spirituelle. Entre autres choses, il lui recommande instamment la dévotion à l'ange gardien : « Respecte, mon frère, l'ange qui veille sur toi ; évite de contrister les bienheureux esprits qui t'entourent ^ » « Si tu pries avec ferveur et si ta confiance est entière, écrit-il ailleurs, les anges s'approchent de toi et ils t'enseignent la raison des choses qui se passent. Sache que les saints anges nous excitent à prier, ils se tiennent à nos côtés, se réjouissant et priant pour nous 3. »

Aux anges gardiens les Pères opposent les démons, esprits de ténèbres . et de haine, qui poursuivent de leur colère les moines qui prient et pratiquent la vertu. Ils sont sans cesse à leurs trousses. Chaque homme en a un qui est chargé tout spécialement de le harceler. Ils tiennent une place très importante dans l'enseignement ascétique et dans la vie spirituelle des Pères du désert. C'est à chaque page, pour ainsi dire, de leur vie ou de leurs écrits, que le diable est mentionné. Saint Antoine a contribué pour une part très large à fixer l'attention des moines sur ces dangereux ennemis de notre salut. Son saint biographe Athanase a conservé son sentiment sur ce point. « Nous avons affaire à des ennemis redoutables et perfides; ce sont les démons. Nous avons à leur livrer la lutte dont parle l'Apôtre. Leur multitude remplit les airs ; ils sont tout près de nous. 11 y a entre eux une grande société. Laissons à de plus instruits le soin d'exposer leur nature. Nous avons besoin seulement de connaître l'habileté qu'ils déploient dans leurs assauts contre nous. » Saint Antoine consacre ensuite une partie considérable de son discours ascétique à exposer ce que l'expérience lui a

1. Sa conférence huitième avec l'abbé Sérénos roule tout entière sur les bons et les mauvais esprits. Elle est à lire, surtout avec les notes précieuses dont l'a enrichi Alard Gazeus, P. L., XLIX, 719-770.

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