Ci.RihQt, La Mystique, t, III, 181-182, t. Il
L'abbé Moïse eut fort à faire avec ces dangereux ennemis qui faillirent un jour lui casser les reins i.
Rufin parle d'un grand pécheur, qui, après sa conversion, mena très saintement la vie des reclus. Les démons vinrent à plusieurs reprises le tenter et le rouer de coups, espérant le décourager. Mais sa patience eut raison de tous ces mauvais traitements*.
Saint Pakhôme n'excitait pas moins leur rage. Ils lui apparaissaient sous les formes les plus bizarres, prenant la ressemblance tantôt d'une femme, tantôt d'un coq ou d'un animal quelconque^. L'un d'eux s'était déguisé en femme le jour où il lui parla des tentations qu'il préparait aux frères^. Ce n'est pas la seule fois que le démon a pris cette apparence. Un solitaire travaillait à sa forge, quand une femme se présenta devant lui. Il n'eut pas de peine à reconnaître le diable.^ Sans prendre le temps de réfléchir, il lui lança à la figure le fer rouge qu'il tenalit dans le feu. Le fantôme s'enfuit aussitôt en poussant de grands cris^. Mais tous ne se montraient pas aussi braves. Les anciens racontaient à ce sujet des histoires peu édifiantes^.
L'abbé Sérénos énumère à Cassien les divers procédés qu'employaient les esprits mauvais pour se moquer des moines et des chrétiens'^. Ils excellaient à jouer la comédie. Le solitaire Jean en vit venir un qui avait le visage, la taille, le costume, tous les dehors d'un prêtre dont il recevait habituellement la visite. Il voulait célébrer les saints mystères. Mais l'homme de Dieu le reconnut : «Père de tout mensonge et de toute fourberie, ennemi de toute justice, lui dit-il avec indignation, tu ne cesses donc pas détromper les âmes chrétiennes, et tu as encore l'audace de t'occuper de nos mystères sacrosaints et terrifiants. — J'ai cru pouvoir te séduire parce moyen, répondit le diable; carj'en aidéjà trompé un si bien qu'il en a perdu la tête. Quand la confiance qu'il m'avait donnée