‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 496 sur 520 · Sulpice Stvère, Dialog · texte numérisé non relu

Sulpice Stvère, Dialog

2. Rufin, Hist. mon., c. vi, 410; Pallade, Hist. Jaiis., i, 1 134.

LE MERVEILLEUX Dans LA VIE DES MOINES '^^I

vint pas à l'esprit qUe le larcin avait été commis par la louve. L'animal, cornme si la honte de sa faute le retenait, ne parut pas le lendemain ni les jours suivants. Ces absences inquiétèrent le moine, qui pria avec instance le Seigneur de lui ramener sa louve. •Elle revint le septième jour, mais triste et confuse, les yeux fixés à terre, dans l'attitude d'un coupable qui implore.^ son pardon. L'ermite l'appela, la combla de caresses et doubla sa ration ordinaire i.

Un anachorète de la région de Memphîs ne fut pas peu surpris en apercevant une lionne qui s'approchait de sa cellule. Elle avait l'allure d'un être affligé qui demande un secours. Elle parvint à faire comprendre au solitaire qu'elle le priait de la suivre ; ce qu'il fit. Il arriva devant une caverne où la bête féroce pénétra pour en -sortir bientôt avec ses petits, .qu'elle déposa aux pieds du saint homme. Ils étaient aveugles. La bénédiction du moine leur rendit la vue. Quelque temps après, la lionne reconnaissante porta à son bienfaiteur la peau d'un animal rare\

Postumianus entendit, dans son voyage en Egypte, raconter plusieurs autres exemples de la familiarité qui existait entre les moines et les aniniaux. II a bien soin de signaler, comme étant plus dignes de créance, ceux dont il fut personnellement témoin. Ce ne sont pas malheureusement les plus nombreux.

Il avait rendu visite à un pieux solitaire de la haute Thébaïde. Après le repas, ils allèrent sous un palmier jouir de la fraîcheur du soir. Quelle ne fut pas la surprise de Postumianus et du guide qui l'avait accompagné lorsqu'ils aperçurent un lion devant eux ! Sans faire attention à leur frayeur, l'ermite s'approcha de l'animal ; ses hôtes le suivirent en tremblant. Le fauve se recula paisiblement, puis il resta tranquille. L'anachorète, cueillit quelques fruits, les brisa dans sa main et les présenta au lion, qui les prit et s'enfonça content dans le désert 3.

Un certain abbé Paul avait un disciple nommé Jean, dont l'obéissance, et l'humilité faisaient l'admiration générale. II l'envoya chercher du fumier dans un village voisin. Mais une lionne effrayait tous ceux qui suivaient le chemin que Jean devait prendre. Il le

• I. Sulpice Sévère, Z)/fl/. i, p. 166-167.

2. Ibid., 167-168. Pallade raconte un trait analogue, accompli par Macaire le Jeune en faveur du petit d'une hyène. La mère lui porta une peau de brebis, que Macaire offrit dans la suite à sainte Mélanie (Pallade, Hist. laus.,, 1062.)

Page 1