S. Jérôme, Vita S: Pauli, 7, P. U, XXlII
rattribuaieht à une cause surnaturelle ^ Partout les religieux étaient exposés, comme le reste des mortels, à tomber malades ou infirmes. Cette perspective les stimulait à la pratique des jeûnes et au travail pendant qu'ils étaient en bonne santé; car la faiblesse les contraindrait alors de diminuer leurs austérités et d'abréger leurs longues psalmodies 2.
Une fois aux prises avec la maladie, ils n'avaient qu'à lui opposer la patience et les soins. Les récits hagiographiques, où abondent les faits merveilleux, ne les montrent guère usant, pour se soulager, de leur puissance surnaturelle. Le reclus Limnaeos se guérit, il est vrai, par le signe de la croix et par la prière, de coliques violentes et de la morsure d'une vipère " ; mais on eût trouvé plus facilement un thaumaturge, cloué sur un lit de souffrance, qui continuait à guérir les autres sans se procurer le moindre soulagement^.
Quelques solitaires ne voulurent dans leurs infirmités employer d'autre remède que la patience. Théodoret raconte lui-même les moyens qu'il dut employer pour déterminer le solitaire Jacques, gravement malade, à prendre des remèdes fort simples^. Saint Porphyre ne se traitait pas avec moins de rigueur 6. Ces hommes d'une mortification extraordinaire et d'une inébranlable confiance en Dieu attendaient leur guérison du ciel et du temps. Marc Didacios, qui n'interdisait pas d'une manière absolue l'usage de la médecine, engageait fortement les anachorètes à "s'en priver et à compter uniquement sur le secours de Dieu. Les cénobites et les ascètes qui habitaient les villes pouvaient à son avis agir différemment ; ils n'avaient, en usant des remèdes, qu'à mettre leur confiance en Dieu, le Médecin par excellence'''. Telle était aussi la pensée du patriarche des moines cappadociens. « Les vertus médicinales des plantes, dit-il, sont l'œuvre du Créateur; et la médecine, qui les applique, est un art louable. Les religieux peuvent y recourir, à la condition toutefois d'attendre du Seigneur la guérison
1. Rufin, Hist. motiachormi) xvii, P. L., XXI,- 440 ; Pallade, Hist. laus., LXXI,