‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 502 sur 520 · Marc, l^ita S. Porphyrii, 4-7, P, G., LXV · texte numérisé non relu

Marc, l^ita S. Porphyrii, 4-7, P, G., LXV

7. Marc Didac, De perfectione spirituali, 53, P. G., LXV, 1183.

et de ne pas se procurer des remèdes trop dispendieux, d'autant; plus que la vie spirituelle trouve dans la médecine des leçons et. des exemples. Mais il est des maladies que Dieu envoie pour punir une âme ou pour la sanctifier ; il en est d'autres qui viennent dudémon ; la prière et la patience sont les seuls remèdes qui puissent leur être efficacement appliqués'. »

Saint Ephrem, d'après lequel la maladie venait fort à propos discipliner le corps et le mettre à la raison, recommandait de l'accueillir avec beaucoup de grandeur d'âme et d'attendre sa guérisbn de Dieu plutôt que de- la médecine. « C'eût été/ déclarait-il, une honte pour le moine que de solliciter un soulagement de sa famille ^ » C'est dans cet esprit que sainte Paule recevait les infirmités. Elle ne diminuait pas ses austérités habituelles ; saint Jérôme et saint Epiphane ne purent jamais fléchir sa rigueur sur ce point\ Les religieux syriens montraient dans la maladie beaucoup de force morale ; ils commençaient toujours par employer la prière et la résignation. La médecine n'intervenait que dans les cas de nécessité, absolue. Comme la plupart de leurs infirmités étaient causées parles excès de la pénitence ou du travail, la modération et le repos suffisaient en général pour leur rendre la santé ^.

Les hommes qui se traitaient eux-mêmes avec le plus de rigueur étaient d'ordinaire fort empressés à soigner leurs frères infirmes. Saint Jean Chrysostome rend un hommage publie à cette charité des moines et des moniales, qu'il connaissait par expérience. On voyait des femmes sorties, de familles illustres ne pas reculer devant les soins les plus humiliants 5. Sainte Paule, si dure pour elle-même, était pour ses sœurs malades d'une attention et d'un dévouement dont le souvenir attendrissait saint Jérôme. Elle n'hé-, sitait pas à leur permettre l'usage de la viande 6.

Cette union de la sévérité personnelle et de la douceur pour les autres a toujours été le signe distinctif des grands saints. Saint

1. s. Basile, Reg.fiis. tract., itit. 19, 55, P. G., XXXI, 970, 1043-1052.

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