‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 503 sur 520 · S. Jérôme, ibid · texte numérisé non relu

S. Jérôme, ibid

Pakhôme la réalisait avec une perfection peu commune. La maladie ou la faiblesse ne l'empêchaient point de suivre les exercices monastiques. Ava.nt d'accepter un remède que lui présentait son disciple Théodore, il voulut savoir si personne n'en avait plus besoin que lui. Les frères connaissaient le soin extrême qu'il prenait des infirmes. L'un d'eux avait demandé de la viande à son supérieur immédiat; sur le refus de ce dernier, il se fit transporter devant le saint. Les reproches de Pakhôme aux infirmiers les aidèrent à se montrer plus charitables désormais i. Il y avait, dans tous les monastères soumis à sa règle, un appartement spécial où les supérieurs de chaque maison envoyaient les malades. Nul ne pouvait se soigner -lui-même. Les frères chargés de ce service fournissaient à chacun les remèdes, les aliments, les habits, tout ce dont il avait besoin. Les infirmiers et leurs serviteurs pouvaient seuls entrer dans l'infirmerie. Une permission spéciale était requise pour leur rendre visité-. La règle prévoyait les soins àdonner aux frères qui travaillaient au dehors. Il y avait toujours dans leur groupe un infirmier". Cette charité généreuse ne faisait pas oublier les exigences de la vie monastique. Les dépenses excessives et les médicaments recherchés n'étaient jamais permis. Apollonios, abbé de la congrégation de tabenne, avait envoyé faire à Alexandrie, pour les malades, des achats très coûteux. L'abbé Orsise, très affligé de cela, interdit de porter ces choses dans une maison placée sous son autorité, sachant-bien que c'était contraire à la pensée de Pakhôme*. .

On constatait ailleurs, chez certains moines, ce manque de discrétion dans la charité envers les malades. Saint Nil se plaignait' du mauvais service rendu à ceux qui étaient l'objet de soins pareils. 11 n'en fallait pas davantage pour amollir les caractères, pour porter ijn frère à exagérer son mal et pour lui faire contracter l'habitude d'exigences déplacées chez un homme de sa profession 5.

Les ermites de Scété, de Nitrie et de quelques groupes bien organisés avaient à leur disposition une infirmerie et des méde-

1. Fità S. Pacbomii, 33-34, Àcla Sanct. Mail, t. III, 309-310.

2. S. Pakhôme, Reg., '], 40-47, 105, P, L., XXIII, 72-79. S. Jérôme, Prœf. in Reg. S. Pacbomii, ibid., 67, epist., 22, n. 35, P, L., XXII, 420.

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