‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 505 sur 520 · Veria Seniqmm · texte numérisé non relu

Veria Seniqmm

INFIRMItÉS Et MORT DES MOINES - 541

.sert les malades. Ce dernier a incomparablement plus de mérite i. » Ils se mettaient généreusement à la recherche des infirmes. La chose était relativement facile lorsqu'il s'agissait de moines se réunissant autour de la même église. Leur absence aux offices du dimanche ou du samedi ne trompait guère sur leur état de santé*. Quant aux solitaires isolés, leur situation était bien pénible. Ils pouvaient rester malades dés semaines entières, ignorés de tous et. privés des soins indispensables. Le recueil des yerha Seniorum parle d'un frère qui passa trente jours dans un complet abandon. Des hôtes arrivèrent chez lui, juste pour assister à ses derniers moments 3. Combien moururent dénués ds secours et .de consolation ! Ces pieux habitants du désert étaient exposés à périr d'une manière plus triste encore, sous la dent des bêtes féroces ^.

Certains moines, dans la crainjtje de gêner leurs frères et aussi pour se ménager des soins plus délicats, demandaient à être soignés hors de la solitude. On trouvait aisément des personnes pieuses qui se faisaient un honneur de les recevoir chez elles. Il y en eut une qui garda durant trois années un religieux du monastère de Scété 5. L'auteur du recueil des Paroles des anciens rapporte, avec sa franchise habituelle, des faits qui font toucher du doigt le péril de cette condescendance 6. Mieux valait chercher un refuge dans l'hôpital des pauvres, comme le permettait saint Basile"^.

La maladie plaçait le solitaire en présence de la mort, dont elle est l'avant-coureur. Il n'attendait pas ce moment pour l'envisager. Les yeux de son. âme étaient souvent fixés sur le terme de sa vie. Rien ne pouvait mieux l'aider à porter sans faiblir le poids d'une vie austère. Saint Antoine, le plus écouté des maîtres de la vie spirituelle, invitait ses disciples à considérer habituellement cette

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